Face à la recrudescence des violences basées sur le genre (VBG) et à l'urgence de protéger les populations civiles, le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) intensifie ses actions de sensibilisation auprès des forces de défense. Cette initiative vise à intégrer la prévention et la prise en charge des victimes au cœur des protocoles opérationnels des militaires en partance pour des missions de maintien de la paix.
Une préparation spécifique pour les zones de conflit
Du 29 au 31 mai 2025, une session de formation s'est tenue à Motcheboum, dans la région de l'Est, à l'attention des militaires camerounais en partance pour la République centrafricaine. Organisé par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) à l'invitation du ministère de la Défense, ce programme a permis aux soldats d'acquérir des outils concrets pour identifier, prévenir et gérer les situations de VBG rencontrées sur le terrain. L'implication de Martine Ongola, représentante de la Direction de la Promotion sociale de la Femme, souligne la volonté du gouvernement d'harmoniser les pratiques de protection des droits humains au sein des unités déployées.
Une stratégie nationale face à la crise des féminicides
Cette démarche s'inscrit dans une stratégie plus large du MINPROFF visant à endiguer la montée des violences faites aux femmes sur l'ensemble du territoire national. L'urgence est d'autant plus marquée que le pays fait face à une vague de féminicides préoccupante : depuis le début de l'année 2026, près de 60 femmes ont été tuées par leurs conjoints. Ce bilan alarmant a suscité une vive indignation au sein de la société civile et des organisations de défense des droits humains, poussant les autorités à multiplier les interventions préventives.
L'intégration des forces de sécurité dans la lutte sociale
En étendant ses programmes de formation aux acteurs militaires, le ministère cherche à transformer le rôle des forces de sécurité, qui deviennent des maillons essentiels de la chaîne de protection des populations vulnérables. Si cette formation répond à un besoin immédiat en contexte de conflit, elle témoigne également d'une volonté institutionnelle de responsabiliser les forces de l'ordre face aux violences domestiques et sociétales. L'enjeu est désormais de pérenniser ces acquis pour que la protection des droits des femmes devienne une composante indissociable de l'éthique militaire camerounaise.