Le gouvernement camerounais a intensifié ses efforts de levée de fonds à Londres lors d'un récent "Market Sounding" organisé avec le Commonwealth Enterprise and Investment Council. Cette offensive diplomatique et financière vise à attirer les capitaux privés nécessaires à la concrétisation de la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30).
Une stratégie axée sur la diversification économique
Face aux investisseurs internationaux, la délégation conduite par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a mis en avant la résilience de l'économie nationale. Avec un taux de croissance de 3,5 % enregistré en 2025 pour la troisième année consécutive, le pays s'appuie sur une base solide : le secteur non-pétrolier génère désormais près de 98 % du PIB nominal, qui s'élève à 34 474 milliards FCFA. Cette dynamique est soutenue par une gestion prudente de la dette publique, stabilisée à 43,7 % du PIB, un niveau largement inférieur au plafond de 70 % fixé par la CEMAC.
Le défi du financement de la SND30
L'ambition affichée par Yaoundé est de transformer son potentiel économique en projets bancables. Le coût total de la mise en œuvre de la SND30 est estimé entre 88 000 et 89 000 milliards FCFA. Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement table sur une stratégie de financement mixte, sollicitant 45 % de ces investissements auprès du secteur privé et des partenaires au développement. L'approche privilégie désormais des capitaux à coûts soutenables et des mécanismes de partage des risques pour sécuriser les engagements sur le long terme.
Priorités sectorielles et finance durable
Le Cameroun a identifié plusieurs leviers de croissance prioritaires, notamment l'énergie, avec un potentiel hydroélectrique dépassant les 12 GW, ainsi que les mines, l'agro-industrie, le numérique et les infrastructures hydrauliques urbaines. En parallèle, le pays cherche à se positionner sur le marché de la finance durable. Fort d'un cadre réglementaire adopté en 2024, Yaoundé mise sur les obligations vertes et sociales, ainsi que sur la valorisation du Bassin du Congo via la finance carbone. À cet égard, 406 milliards FCFA de dépenses budgétaires spécifiquement orientées vers des projets favorables au climat ont été annoncés pour l'exercice 2026.