Face à la multiplication alarmante des violences mortelles visant les femmes et les enfants, la société civile camerounaise a investi les rues de Yaoundé ce samedi 19 septembre. Ce rassemblement, porté par la Jeunesse émergente et républicaine camerounaise, marque une volonté citoyenne de briser le silence face à une crise sécuritaire et sociale qui frappe les foyers.
Un bilan humain qui interpelle les autorités
Les chiffres officiels communiqués par le ministère de la Femme et de la Famille révèlent une situation critique : depuis le début de l'année 2026, une soixantaine de féminicides ont été officiellement enregistrés sur l'ensemble du territoire national. La dynamique est particulièrement préoccupante, avec près d'une dizaine de cas recensés pour le seul mois d'août. Cette accumulation de drames a provoqué une vive émotion au sein de la population, poussant des centaines de personnes à manifester pour réclamer des mesures concrètes de protection.
Revendications pour une réforme du cadre juridique
Au-delà de la dénonciation, les manifestants et les organisations de défense des droits humains portent des exigences législatives précises. La juriste et militante Chantal Bika a notamment plaidé pour la criminalisation spécifique des infanticides et la pénalisation explicite des féminicides dans le droit camerounais. Un autre levier d'action identifié par les acteurs de la société civile est l'internalisation effective de la Convention pour l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDEF), un instrument international dont l'application nationale est jugée indispensable pour garantir la sécurité des citoyennes.
Une mobilisation intergénérationnelle et inclusive
La marche a également été marquée par une forte présence masculine, illustrant une prise de conscience collective sur la responsabilité des pères, frères et époux dans la lutte contre ces violences. Des personnalités publiques, à l'instar du chanteur Koppo, ont rejoint le cortège pour affirmer que la protection des femmes et des enfants constitue un enjeu de société majeur, dépassant les clivages individuels. Ce mouvement, qui a parcouru quatre kilomètres dans le centre de la capitale, souligne l'urgence pour les décideurs publics de répondre à une demande croissante de sécurité et de justice pour les femmes camerounaises.