Face aux impératifs de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), le Cameroun et la Banque africaine de développement (BAD) intensifient leur réflexion sur le financement de la croissance. Réunis le 22 septembre 2026 à Yaoundé, décideurs publics et experts financiers ont identifié la mobilisation des ressources domestiques et la diversification des revenus comme des piliers indispensables pour soutenir la transformation structurelle du pays et de la sous-région.
Des leviers financiers face à la fragmentation mondiale
Le séminaire, organisé au siège de la BEAC, a permis d'analyser les perspectives économiques régionales à travers les rapports 2026 de la BAD. Dans un contexte international marqué par une fragmentation accrue, les discussions ont porté sur la nécessité de sécuriser des financements à grande échelle. La gestion de la dette et l'optimisation de l'accès aux capitaux sont apparues comme des enjeux critiques pour maintenir une trajectoire de développement durable, tant pour le Cameroun que pour ses voisins d'Afrique centrale.
La résilience du secteur non pétrolier camerounais
Les échanges ont mis en lumière la solidité de l'économie camerounaise, portée par le dynamisme du secteur non pétrolier. Cette performance constitue un socle sur lequel le gouvernement entend s'appuyer pour renforcer ses mécanismes de collecte de ressources. L'objectif est clair : transformer ces capacités internes en leviers de croissance concrets, capables de répondre aux priorités nationales tout en réduisant la dépendance aux fluctuations des marchés extérieurs.
L'exigence d'une allocation stratégique des ressources
Paul Tasong, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, a insisté sur la rigueur nécessaire dans l'utilisation des fonds mobilisés. Selon les autorités, chaque franc investi doit impérativement produire des résultats mesurables et alignés sur les objectifs de la SND30. Cette approche vise à garantir que la mobilisation des ressources ne soit pas une fin en soi, mais un outil d'efficacité au service de la transformation économique réelle du pays. La valorisation des potentialités régionales demeure, à cet égard, un axe de travail prioritaire pour les institutions présentes.