Le ministre camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a reçu une délégation de l'Union européenne pour redéfinir les priorités de leur coopération économique. Face aux enjeux de transformation locale, le gouvernement camerounais insiste sur la nécessité de substituer les flux d'aide par des investissements directs étrangers structurants.
Le levier des Accords de partenariat économique
La coopération entre Yaoundé et Bruxelles repose largement sur les Accords de partenariat économique (APE). Si ces instruments ont favorisé l'essor des filières d'exportation comme la banane, les produits horticoles et le cacao, le ministre du Commerce souligne que le Cameroun n'a pas encore tiré tous les bénéfices escomptés de cet engagement politique. Alors que l'Union européenne absorbe 80 % de la production cacaoyère camerounaise, le dialogue actuel intègre désormais les nouvelles contraintes environnementales, notamment le Règlement européen sur la déforestation (RDUE) qui impose des normes strictes aux producteurs de café et de cacao.
La transformation locale comme priorité stratégique
Dans un contexte marqué par le déploiement de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), le gouvernement camerounais affiche une volonté claire : rompre avec l'exportation systématique de matières premières brutes. Le ministre Luc Magloire Mbarga Atangana appelle les partenaires européens à accompagner cette montée en gamme industrielle. L'enjeu est de passer d'une logique de simple échange commercial à une dynamique de création de valeur ajoutée sur le sol camerounais, condition indispensable pour diversifier l'économie nationale.
Investissements directs contre aide publique
Le plaidoyer du ministre porte sur une mutation profonde du modèle de coopération. Selon lui, seule une injection massive d'investissements directs peut répondre aux défis démographiques et sociaux du pays. En favorisant l'implantation d'unités de production plutôt que le recours aux aides financières classiques, le Cameroun espère offrir des perspectives économiques durables à sa jeunesse. Cette approche vise à réduire les risques liés à l'immigration irrégulière en ancrant le développement dans une activité productive locale, tout en maintenant un engagement commun en faveur de la préservation de l'environnement.