Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a officiellement garanti un appui inconditionnel à l'Arabie saoudite face à la multiplication des attaques des rebelles houthis. Cette promesse de soutien, formulée en marge des assemblées du FMI, souligne l'alignement stratégique croissant entre Le Caire et Riyad face à la menace pesant sur la stabilité régionale.
Une réponse directe à l'insécurité dans le royaume
La déclaration du chef de la diplomatie égyptienne intervient dans un contexte de tensions accrues, marqué par des frappes répétées de drones et de missiles houthis contre des infrastructures saoudiennes. En septembre, des sites civils et militaires, notamment à Abha, Khamis Mushait et la base aérienne King Khalid, ont été visés, causant des dizaines de blessés parmi les civils. Face à cette escalade, Le Caire réitère que la sécurité de l'Arabie saoudite est indissociable de la sienne, une position consolidée par la récente visite du prince héritier Mohammed ben Salmane au Caire pour des entretiens avec le président Abdel Fattah al-Sissi.
La protection des intérêts économiques du canal de Suez
Au-delà de l'alliance politique, l'Égypte est directement impactée par les répercussions économiques du conflit. La multiplication des attaques contre le trafic maritime dans la zone de Bab el-Mandeb et en mer Rouge a provoqué une chute significative des recettes du canal de Suez depuis fin 2023. Pour Le Caire, sécuriser cette route commerciale vitale est devenu un impératif national, rendant la stabilité de la région indispensable à la santé de son économie.
Un historique d'engagement militaire au Yémen
L'implication égyptienne dans le dossier yéménite n'est pas nouvelle. Si le pays a connu une intervention majeure entre 1962 et 1967, il a également rejoint, dès mars 2015, la coalition dirigée par Riyad contre les Houthis. À cette période, l'Égypte avait mobilisé ses forces navales et aériennes pour soutenir les opérations de la coalition. La promesse actuelle de Badr Abdelatty, qui assure que « quoi que demandent les Saoudiens, nous répondrons », laisse entrevoir une possible intensification de cette coopération militaire, bien que les modalités précises d'un éventuel déploiement restent à définir selon les besoins exprimés par Riyad.