La gouvernance du Bureau du Procureur spécial (OSP) au Ghana fait l'objet de critiques acerbes concernant l'absence de mécanismes de contrôle suffisants. Pour l'avocat Martin Kpebu, le style de direction actuel fragilise la crédibilité de cette institution clé dans la lutte contre la corruption.
Une conception législative jugée imprévoyante
Selon Me Kpebu, les faiblesses structurelles de l'OSP découlent d'une rédaction initiale de la loi (Act 959) qui manquait de clairvoyance. Les législateurs auraient, selon lui, présumé que chaque titulaire du poste agirait avec une rectitude exemplaire, omettant d'intégrer des garde-fous nécessaires pour encadrer les pouvoirs discrétionnaires du Procureur spécial. Cette absence de contre-pouvoirs internes est aujourd'hui perçue comme un facteur aggravant des tensions qui entourent l'institution.
La confusion entre la personne et l'institution
L'analyse souligne une difficulté majeure : l'identification systématique de l'institution à son dirigeant. En tant que visage et ambassadeur du Bureau, le Procureur spécial voit ses méthodes de gestion et ses prises de position influencer directement la perception publique de l'organisme. Pour l'homme de loi, cette personnalisation excessive de la fonction est préjudiciable à la pérennité de l'institution, car les critiques adressées au leadership finissent par entamer la confiance des citoyens envers le Bureau lui-même.
L'encadrement par le Procureur général
Le débat sur la supervision a été ravivé par l'arrêt de la Cour suprême du 29 juillet 2026. Saisie par le juriste Noah Ephraem Tetteh Adamtey sur la constitutionnalité des pouvoirs de poursuite de l'OSP, la haute juridiction a confirmé la validité de la loi de 2017 tout en réaffirmant l'autorité constitutionnelle du Procureur général. Cette décision place désormais l'OSP sous une forme de tutelle du Procureur général, une mesure que Me Kpebu interprète comme un mécanisme de contrôle indispensable. Il estime que cette supervision est nécessaire pour tempérer les actions du titulaire actuel du poste, dont la conduite a été jugée insatisfaisante par le praticien.