Les Journées des Cinéphiles 2026, organisées au CICES à Dakar, marquent une étape significative pour la structuration du secteur cinématographique sénégalais. En mobilisant une salle de 1 200 places, l'association Cadre des Cinéphiles entend démontrer la viabilité d'un modèle axé sur la transmission du savoir, l'employabilité des jeunes talents et la création d'une véritable culture de la salle.
Un écosystème fondé sur la formation gratuite
Né de l'héritage de l'initiative Ciné Banlieue Dakar, le Cadre des Cinéphiles s'est donné pour mission de démocratiser l'accès aux métiers du septième art. L'association, qui accueille actuellement sa troisième promotion, attire des apprenants issus de diverses localités comme Médina, Keur Massar ou Tivaouane Peulh. Cette approche vise à lever les freins socioculturels, notamment le manque de soutien familial, en valorisant le cinéma comme une filière professionnelle à fort potentiel éducatif et économique.
Innovation technique et montée en compétences
Pour cette édition, le programme intègre des enjeux technologiques contemporains, avec des modules dédiés à l'intelligence artificielle appliquée aux industries créatives, à la colorimétrie et au traitement de l'image. Ces formations complètent les ateliers d'actorat et les projets de production intensive, à l'instar du camp « Mbappat Film » qui a permis la réalisation de huit films en seulement vingt-et-un jours. Ces initiatives répondent à une volonté de professionnaliser les jeunes talents face aux exigences du marché actuel.
Vers un modèle économique national
Le président du Cadre des Cinéphiles, El Hadji Gueye, insiste sur la nécessité pour chaque nation africaine de bâtir son propre modèle économique, plutôt que de reproduire des schémas étrangers inadaptés aux réalités locales. Il souligne le contraste entre les budgets limités, comme celui du FOPICA, et les coûts de production internationaux. Pour pallier ce déficit, il appelle à une prise de conscience collective : le développement de l'industrie repose sur l'engagement des citoyens à soutenir les œuvres locales en achetant leurs billets, transformant ainsi la cinéphilie en un levier de financement pérenne pour le secteur.