Le Burkina Faso a franchi une étape diplomatique majeure en signant trois accords avec le Bénin, le Ghana et le Togo, visant à encadrer le rapatriement volontaire des réfugiés burkinabè. Ces engagements, conclus lors de la deuxième rencontre du Dialogue de Lomé en septembre 2026, marquent une volonté commune de stabiliser les flux migratoires dans une sous-région confrontée à une pression humanitaire persistante.
Une dynamique de coopération régionale
La signature de ces accords s'inscrit dans la continuité du premier Dialogue de Lomé, initié par le gouvernement togolais et le HCR pour harmoniser les politiques d'asile. La délégation burkinabè, conduite par Bêbgnasgnan Stella Eldine Kabré/Kaboré, a travaillé avec ses homologues pour transformer les obligations internationales en solutions concrètes. Ces pays côtiers, qui accueillaient près de 96 000 réfugiés début 2024, cherchent désormais à structurer le retour des populations déplacées dans un cadre sécurisé et concerté.
L'implication stratégique des pays du Sahel
Bien que non signataires, le Mali et le Niger ont pris part aux échanges en qualité d'observateurs, soulignant l'interdépendance croissante entre les enjeux sahéliens et ceux du golfe de Guinée. Cette présence témoigne de la complexité des mouvements de population : le Mali, par exemple, hébergeait plus de 165 000 réfugiés burkinabè et nigériens début 2026. Parallèlement, des discussions sont en cours entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso pour aboutir à un protocole similaire, intégrant le HCR dans le processus.
Vers une phase opérationnelle
Lors de ces assises, les représentants du HCR, dont Abou Raouf Gnon-Kondé et Elisabeth Tann, ont salué les efforts de Ouagadougou en matière d'intégration socio-économique des personnes déplacées. Si le HCR a noté une légère baisse des déplacements forcés à l'échelle mondiale en 2025, la situation reste préoccupante dans la région. La mise en œuvre effective de ces accords tripartites constitue désormais le point de vigilance majeur, les modalités pratiques du rapatriation restant à définir par les États signataires.