Le ministre de la Guerre et de la défense patriotique, le général Célestin Simporé, a dressé un bilan des mutations opérées au sein des forces armées burkinabè. Entre montée en puissance opérationnelle et lecture géopolitique du conflit, le gouvernement affiche sa détermination à stabiliser le pays tout en liant l'effort de défense à une quête de souveraineté nationale.
Une transformation structurelle de l'appareil de défense
Le général Simporé souligne une restructuration profonde de l'outil militaire, caractérisée par une multiplication par quatre des effectifs globaux. Cette montée en puissance s'accompagne d'une réorganisation territoriale, avec le passage de trois à six régions militaires, et d'un renforcement significatif de la formation des cadres à l'Académie militaire Georges-Namoano. En quatre ans, trente bataillons ont été créés, permettant désormais un déploiement organique complet, incluant les unités d'appui et de soutien, là où l'armée devait autrefois composer avec des moyens limités et des équipements empruntés.
Bilan de la reconquête territoriale
Sur le plan opérationnel, le ministère estime que le taux de territoire reconquis atteint désormais 75%, contre 40% au début du conflit. Le général précise toutefois que ce chiffre ne signifie pas une stabilisation totale. Les 25% restants correspondent à des zones où les forces armées peuvent intervenir, mais qui nécessitent encore un travail de sécurisation pour permettre le retour effectif de l'administration et des populations civiles. L'objectif est de neutraliser les poches de résistance pour transformer ces zones de passage en espaces stabilisés.
Souveraineté et enjeux géopolitiques
Au-delà de la lutte contre les groupes armés, le ministre inscrit le conflit dans une dynamique plus large de souveraineté pour les pays de l'Alliance des États du Sahel (AES). Il qualifie la menace terroriste de « façade » dissimulant des intérêts géopolitiques visant à maintenir les pays africains dans une dépendance économique. Pour le gouvernement, la réponse militaire est indissociable d'un projet de développement national, soutenu par la mobilisation citoyenne via le Fonds de soutien patriotique.
Une stratégie d'adaptation permanente
Conscient que l'adversaire ajuste ses tactiques à mesure que l'armée burkinabè progresse, le commandement militaire mise sur l'évolution constante de ses propres modes opératoires. Le général Simporé insiste sur le facteur humain, plaçant la discipline, la formation et le patriotisme au cœur de la réforme. Malgré la persistance de la menace, il se montre confiant dans l'issue du conflit, affirmant que le Burkina Faso est désormais engagé dans une dynamique irréversible de consolidation de ses capacités de défense et de son indépendance.