La Société nationale des substances précieuses (SONASP) a enregistré une progression spectaculaire de ses volumes d'or collectés, atteignant environ 40 tonnes en 2025 contre 457 kilogrammes trois ans plus tôt. Cette dynamique s'inscrit dans une volonté affirmée des autorités burkinabè de mieux encadrer la commercialisation des ressources minières, en particulier celles issues de l'exploitation artisanale.
Une montée en puissance de la collecte étatique
Le bilan dressé par le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, met en lumière une accélération notable des activités de la SONASP. Sur le seul second semestre 2025, la structure a collecté près de 31 tonnes d'or. Un indicateur clé de cette performance réside dans la part prépondérante de l'or artisanal, qui représente plus de 73 % du volume total collecté sur cette période. Cette intégration massive dans les circuits officiels suggère une meilleure captation par l'État de flux qui échappaient auparavant au contrôle national.
Distinction entre collecte et production nationale
Il est essentiel de noter que l'augmentation des volumes collectés par la SONASP ne traduit pas mécaniquement une hausse équivalente de la production aurifère totale du pays. Si la production nationale a atteint 94 tonnes en 2025, la performance de la société nationale reflète avant tout une restructuration des circuits de commercialisation. L'État parvient désormais à canaliser une part plus importante de l'or extrait artisanalement vers ses propres structures de gestion, renforçant ainsi la traçabilité et la maîtrise des ressources.
Réformes structurelles du secteur minier
Cette stratégie de reprise en main s'appuie sur un arsenal législatif et institutionnel renouvelé. Le gouvernement burkinabè a notamment instauré un nouveau Code minier en 2024 et mis en place la Société de participation minière du Burkina Faso (SOPAMIB). Ces mesures visent à sécuriser les revenus issus de l'exploitation des ressources précieuses, le secteur minier ayant généré environ 2 500 milliards de francs CFA pour les caisses de l'État sur la période 2022-2025. L'enjeu pour les autorités reste désormais de maintenir cette dynamique de formalisation pour maximiser les retombées économiques nationales.