Face aux défis sécuritaires et à la mobilité accrue des troupes, le ministère de la Guerre et de la défense patriotique du Burkina Faso a lancé une session de renforcement des capacités pour son personnel de santé. Cette initiative vise à intégrer de nouvelles stratégies de prévention du VIH/SIDA, notamment la prophylaxie pré-exposition (PrEP), au cœur du dispositif médical militaire.
La PrEP comme levier de protection des soldats
Du 31 août au 4 septembre 2026, une vingtaine d'agents de santé militaires venus de différentes régions du pays sont formés aux techniques de la prophylaxie pré-exposition. Selon le médecin lieutenant-colonel Cheick Ismaël Traoré, coordonnateur adjoint du Comité ministériel de lutte contre le VIH/SIDA, cette méthode consiste en la prise d'antirétroviraux par des personnes séronégatives exposées à un risque élevé. Une fois déployée sur le terrain, cette approche constitue un outil de prévention hautement efficace pour réduire les taux de transmission au sein des rangs.
Adapter les soins aux réalités du terrain
Au-delà de la PrEP, la formation met l'accent sur les « approches différenciées ». Cette stratégie consiste à moduler les services de dépistage et de traitement pour répondre aux besoins spécifiques des populations cibles. L'objectif est d'optimiser l'accès aux soins et l'utilisation des ressources médicales disponibles. Le médecin colonel Steven Ouédraogo souligne que le contexte actuel de lutte contre le terrorisme, marqué par une forte mobilité et des situations de célibat géographique, expose les militaires à des comportements à risque. La maîtrise de ces outils par le personnel soignant est donc jugée cruciale pour maintenir la santé et la résilience des forces combattantes.
Une collaboration stratégique pour la santé publique
Ce programme est mené en partenariat avec l'association REVS PLUS, dans le cadre du plan stratégique national de lutte contre le VIH/SIDA 2026-2030, qui identifie les forces armées comme une population prioritaire. Victor Somé, directeur exécutif de l'association, précise que ce transfert de compétences permet d'adapter les méthodes communautaires éprouvées aux contraintes spécifiques du milieu militaire. Après cette session initiale, le dispositif sera étendu avec une formation similaire prévue prochainement à Bobo-Dioulasso pour une quinzaine d'autres agents de santé des forces armées.