Le Conseil des ministres du 5 novembre 2026 a marqué un tournant dans la gestion des ressources stratégiques et des services publics au Burkina Faso. À travers une série de décrets, l'exécutif a acté une reprise en main de l'exploitation artisanale de l'or, une refonte structurelle du ministère de la Santé et une modernisation du cadre législatif régissant le sport national.
La création de Faso SANU pour réguler l'orpaillage
Face aux défis de l'exploitation minière illégale, le gouvernement a adopté trois décrets visant à réorganiser les sites miniers stratégiques. Cette réforme s'accompagne de la création de la société d'État « Faso SANU », dont le capital est réparti à parts égales entre la Société nationale des substances précieuses (SONASP) et le Trésor public. Cette entité servira de bras technique pour assainir le sous-secteur. Par ailleurs, le ministre Yacouba Zabré Gouba a réitéré la tolérance zéro concernant l'emploi des enfants sur les sites miniers, promettant une application stricte de la loi.
Une restructuration profonde du système de santé
Le ministère de la Santé entame une mutation organisationnelle majeure pour s'aligner sur le nouveau découpage territorial. Cette réorganisation inclut la création du « Faso CDC » (Centre de contrôle et de prévention des maladies) et de l'Agence burkinabè de médecine traditionnelle, visant à valoriser le savoir local tout en renforçant la veille sanitaire. L'organigramme ministériel est également densifié avec la création de directions provinciales et de centres hospitaliers provinciaux. Dans une logique de rationalisation, des structures comme la SOGEMAB sont dissoutes au profit d'une meilleure efficience opérationnelle.
Vers une professionnalisation du sport national
Le cadre juridique du sport, régi jusqu'ici par une loi de 2019, fait l'objet d'une refonte législative. L'objectif affiché par la ministre Annick Lydie Djouma Pikbougoum est de transformer le sport en un véritable levier de développement socioéconomique. Le nouveau projet de loi introduit des avancées sociales notables, notamment la protection salariale des athlètes et un encadrement spécifique pour les sportifs en situation de handicap. Le texte renforce également les exigences en matière de lutte antidopage et impose désormais une autorisation gouvernementale préalable pour toute participation des équipes nationales à des compétitions internationales.