L'Assemblée législative du peuple du Burkina Faso a adopté, ce mercredi 14 octobre 2026, une nouvelle loi encadrant le travail d'intérêt général (TIG). Cette réforme vise à fluidifier l'application de cette peine alternative, tout en transformant le système pénitentiaire en un levier actif de production agricole et de réinsertion sociale.
Un dispositif pénal plus flexible et permanent
La nouvelle législation, présentée par le ministre de la Justice Edasso Rodrigue Bayala, pérennise des mesures qui étaient jusqu'alors transitoires. Elle rend le recours au TIG systématique pour certaines infractions mineures, notamment les atteintes aux biens dont le préjudice est inférieur à cinq millions de francs CFA, ou les violences physiques n'excédant pas 21 jours d'incapacité de travail. Le texte autorise également la commutation de peines d'emprisonnement en TIG, y compris pour des condamnations criminelles, sous réserve d'une bonne conduite et d'un tiers de peine déjà purgé. Les infractions liées au terrorisme demeurent toutefois exclues de ce dispositif.
La prison comme levier d'autosuffisance alimentaire
Au-delà de sa fonction punitive, le gouvernement burkinabè mise sur le travail des détenus pour soutenir l'effort national de production. Les résultats de la campagne 2026 illustrent cette dynamique : plus de 550 tonnes de céréales ont été récoltées par les établissements pénitentiaires, dépassant l'objectif initial de 500 tonnes. Cette production, qui s'ajoute aux activités maraîchères et animales, permet non seulement d'assurer l'autosuffisance alimentaire des centres de détention, mais contribue également aux stocks nationaux.
Encadrement et adaptation aux profils des condamnés
La loi instaure un cadre strict pour garantir l'efficacité de la mesure. Les juges de l'application des peines disposent désormais de prérogatives claires pour aménager les travaux en fonction des compétences des condamnés et de leurs contraintes professionnelles. Par exemple, un individu exerçant une activité salariée peut effectuer ses heures de TIG durant les week-ends. Parallèlement, le texte impose une cohérence entre la nature de l'infraction et le travail assigné : une personne condamnée pour malversation financière ne pourra être affectée à des tâches de gestion de fonds. Ces activités, allant des prestations intellectuelles aux travaux agricoles ou industriels, visent à prévenir la récidive tout en responsabilisant les condamnés au sein de la société.
Un bilan opérationnel encourageant
Depuis novembre 2024, près de 4 000 personnes ont bénéficié du dispositif de travail d'intérêt général. Actuellement, plus de 3 000 individus sont engagés dans ces programmes, dont une majorité issue de commutations de peines d'emprisonnement. Ce succès opérationnel a convaincu les autorités de la nécessité de consolider ce cadre législatif pour en faire un outil pérenne de la politique pénale burkinabè.