La quatrième édition du Safer Internet Day, lancée à l'université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, place l'intelligence artificielle au cœur des débats sur la sécurité numérique. Face à l'essor des outils génératifs, les autorités burkinabè appellent les étudiants à une vigilance accrue et à un usage qui privilégie le développement des compétences personnelles sur la facilité technologique.
L'IA au service de l'apprentissage, non de la substitution
La ministre de la Transition digitale, Dr Aminata Zerbo/Sabané, a mis en garde la communauté universitaire contre une dépendance excessive aux outils d'intelligence artificielle. Si ces technologies offrent des opportunités réelles d'accélération de l'apprentissage, elles présentent le risque majeur d'atrophier la capacité de réflexion critique des étudiants. L'enjeu, selon le ministère, est de faire de l'IA un levier d'accompagnement et non un substitut aux efforts intellectuels individuels, afin de garantir la pérennité des compétences académiques.
Risques numériques et impératif de vigilance
Au-delà du cadre académique, la sensibilisation porte sur les menaces croissantes liées à l'usage non maîtrisé du numérique. Les autorités ont alerté sur la prolifération des deepfakes, capables de manipuler l'opinion publique ou de nuire à des réputations, ainsi que sur les risques persistants d'arnaques, de cyberintimidation et d'usurpation d'identité. Le ministre de l'Enseignement supérieur, Pr Adjima Thiombiano, a encouragé les jeunes à adopter une posture de « connectés non naïfs », les invitant à devenir des acteurs de l'innovation plutôt que de simples consommateurs passifs de technologies.
Un concours pour favoriser des solutions endogènes
Pour ancrer ces bonnes pratiques dans les réalités locales, le ministère a lancé le « Vidéo Challenge SID-2026 ». Ce concours, ouvert aux jeunes Burkinabè de 18 à 30 ans, vise à stimuler la création de contenus de sensibilisation adaptés au contexte national. En encourageant la production de vidéos pédagogiques, les autorités espèrent combler le déficit de ressources locales sur les enjeux du numérique. Les trois meilleurs projets seront récompensés par des prix allant de 400 000 à 1 000 000 F CFA, lors de la clôture de la Semaine du numérique prévue fin novembre 2026.