Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa politique de développement économique avec le lancement de la deuxième Stratégie nationale de la finance inclusive (SNFI 2). Doté d'un budget de 44,2 milliards de FCFA sur cinq ans, ce plan ambitionne de porter le taux d'utilisation des services financiers à 90 % à l'horizon 2031, en ciblant prioritairement les populations vulnérables, les femmes et les jeunes.
Un bilan encourageant pour consolider les acquis
La nouvelle stratégie s'appuie sur les résultats probants de la période 2019-2023. Malgré un contexte national marqué par des défis sécuritaires et sanitaires, le pays a réussi à dépasser ses objectifs initiaux, faisant passer le taux d'inclusion financière de 70,5 % en 2019 à 79,04 % en 2023. Cette dynamique s'est poursuivie pour atteindre 81,8 % à la fin de l'année 2025, confirmant la pertinence de la structuration du secteur et l'amélioration de la pénétration géographique des points de services financiers.
Cinq axes stratégiques pour une inclusion durable
Pour atteindre l'objectif de 90 %, la SNFI 2 articule ses interventions autour de cinq piliers fondamentaux. Le programme mise sur un accès plus équitable aux services, tenant compte des disparités territoriales et de genre, tout en accélérant la transformation numérique pour favoriser l'innovation responsable. Parallèlement, le renforcement de la résilience du secteur de la microfinance, la protection des consommateurs et l'éducation financière sont identifiés comme des leviers indispensables pour instaurer une confiance durable entre les usagers et les institutions financières.
L'enjeu de la coordination et du financement
La mise en œuvre de cette stratégie, dont les documents ont été soumis à validation nationale en novembre 2026, nécessite une mobilisation coordonnée des ressources. Si l'État burkinabè demeure le principal moteur de ce déploiement, le succès du plan repose également sur l'engagement des partenaires techniques et financiers, à l'instar de la Coopération suisse. L'enjeu majeur réside désormais dans la capacité des acteurs à transformer ces orientations en impacts concrets, en assurant une cohérence totale avec le Plan de relance 2026-2028. La viabilité des institutions de microfinance et la qualité du suivi-évaluation seront déterminantes pour garantir que l'accès au crédit et aux services financiers contribue effectivement à la résilience économique des ménages et des entrepreneurs locaux.