Le ministère de la Santé du Burkina Faso organise, du 31 août au 5 septembre 2026 à Manga, la 14e édition de la Semaine nationale de la médecine traditionnelle et alternative. Cet événement, couplé à la Journée africaine de la médecine traditionnelle, place l'intégration des médicaments traditionnels améliorés au cœur de la stratégie nationale pour atteindre une souveraineté sanitaire durable.
Vers une intégration encadrée des pratiques traditionnelles
L'enjeu central de cette édition est l'introduction des médicaments traditionnels améliorés dans les directives nationales de prise en charge des pathologies. Selon le Dr Kindo Esaïe, chef de service de la médecine traditionnelle et des soins intégrés, cette démarche ne signifie pas un relâchement des contrôles. Au contraire, elle exige une rigueur scientifique stricte, incluant des évaluations normatives, une pharmacovigilance effective et des autorisations réglementaires. L'objectif est de transformer les savoirs ancestraux en solutions thérapeutiques fiables, tout en luttant contre les allégations non fondées et la publicité irrégulière qui nuisent à la crédibilité du secteur.
Renforcer la collaboration entre praticiens et chercheurs
Le ministère ambitionne de créer des passerelles concrètes entre les tradi-praticiens et le corps médical conventionnel. Actuellement, environ 11 000 praticiens collaborent déjà avec les centres de santé, notamment pour la prise en charge du paludisme et des morsures de serpents. Pour professionnaliser davantage cette synergie, des formations spécifiques sont prévues pour les infirmiers chefs de poste et les pharmaciens de la région du Nazinon. Parallèlement, un appel est lancé aux chercheurs pour intensifier les travaux interdisciplinaires, afin de produire des données robustes capables de valider les innovations issues de la pharmacopée locale.
Un horizon hospitalier pour la médecine traditionnelle
Au-delà de la recherche, le ministère travaille à l'intégration institutionnelle de ces services au sein même des hôpitaux. Un comité dédié est déjà à l'œuvre pour permettre aux patients de choisir, dans un avenir proche, entre les soins conventionnels et les services de médecine traditionnelle au sein des structures publiques. Cette transition vise à offrir une offre de soins diversifiée et sécurisée. Les autorités rappellent toutefois aux populations l'importance cruciale de consulter uniquement des praticiens reconnus et de privilégier les structures de santé en cas d'urgence, soulignant que la valorisation des savoirs locaux doit impérativement s'inscrire dans le respect de l'éthique et de la protection de la santé publique.