La 16e édition du Salon international du tourisme et de l'hôtellerie (SITHO), prévue du 22 au 27 septembre 2026 à Ouagadougou, marque un tournant stratégique pour le Burkina Faso. En plaçant le financement des projets structurants au centre des débats, les autorités entendent passer d'une phase de simple promotion à une ère de développement infrastructurel capable de soutenir la compétitivité du pays sur la scène régionale.
Un levier pour l'intégration de l'AES
Cette édition du salon ambitionne de consolider la « destination AES » (Alliance des États du Sahel). En invitant le Mali et le Niger comme pays partenaires spéciaux, le Burkina Faso cherche à créer une synergie régionale. Un forum dédié, prévu les 23 et 24 septembre, réunira des experts financiers et des acteurs du secteur pour définir des pistes de financement concrètes, essentielles pour ériger des infrastructures hôtelières et logistiques de haut niveau, capables d'accueillir des rencontres internationales d'envergure.
Mobiliser les capitaux pour l'infrastructure
Le directeur général de Faso Tourisme, Sulaïman Kagoné, souligne que le pays a dépassé le stade de la sensibilisation primaire. L'enjeu actuel est de capter des investissements pour valoriser les sites touristiques, souvent freinés par des problèmes d'accessibilité. Le salon servira de plateforme de mise en relation entre porteurs de projets et institutions bancaires, dont Wendkuni Bank International, partenaire de l'événement. L'objectif est clair : transformer les potentialités naturelles et culturelles en actifs économiques rentables.
Un secteur en pleine mutation interne
Malgré un contexte sécuritaire complexe, le tourisme burkinabè affiche une résilience notable, portée par un regain d'intérêt des nationaux pour leur propre patrimoine. Avec des recettes annuelles estimées à environ 110 milliards de francs CFA et une contribution au PIB oscillant entre 2,7 % et 3 %, le secteur génère près de 800 000 emplois. Le SITHO 2026, qui s'étend désormais sur six jours, servira de vitrine pour ces entreprises formelles tout en cherchant à intégrer davantage les acteurs de l'informel dans le circuit économique officiel.
Des attentes fortes pour le développement durable
Au-delà des échanges financiers, l'événement mettra en avant la diversité culturelle à travers des espaces dédiés et des concours récompensant les meilleures innovations technologiques au service du tourisme. Pour les organisateurs, le succès de cette édition se mesurera à la capacité des acteurs à transformer les recommandations du forum en engagements réels, afin de garantir que les sites touristiques, tels que le Mémorial Thomas Sankara ou les cascades de Banfora, bénéficient des aménagements nécessaires pour devenir des moteurs de croissance pérennes.