Face aux défis structurels d'un pays enclavé, le Burkina Faso place la logistique au cœur de sa stratégie de souveraineté économique. Une conférence organisée par l'École burkinabè des affaires (EBA) a réuni, le 9 octobre 2026 à Ouagadougou, des acteurs publics et privés pour identifier les leviers capables de transformer durablement l'économie nationale.
La logistique comme pilier de la compétitivité
Pour les autorités et les experts présents, la souveraineté économique ne peut se limiter à une simple promotion de la production locale. Elle exige une maîtrise rigoureuse des chaînes d'approvisionnement et une sécurisation des corridors logistiques. Le représentant du ministère délégué chargé des Ressources animales a insisté sur le fait que les coûts logistiques élevés pèsent lourdement sur les entreprises et les consommateurs burkinabè, freinant ainsi la compétitivité des produits nationaux face aux importations.
Modernisation douanière et synergie institutionnelle
La rencontre a permis de dégager trois axes prioritaires pour accélérer la transformation économique du pays. En premier lieu, le renforcement de la collaboration entre les institutions publiques et les acteurs économiques est jugé indispensable pour une meilleure coordination. Parallèlement, la digitalisation et la modernisation des procédures douanières sont identifiées comme des outils clés pour fluidifier les échanges. Enfin, la transformation locale des ressources nationales demeure l'objectif final pour réduire la dépendance extérieure.
Le rôle stratégique des partenariats public-privé
Les échanges ont également mis en lumière l'importance des partenariats public-privé (PPP) dans la réalisation des grands projets nationaux. Selon les intervenants, ces mécanismes offrent au secteur privé une opportunité réelle de contribuer au développement des infrastructures logistiques. La formation de cadres spécialisés, capables de naviguer dans ces dispositifs complexes, est présentée comme une condition sine qua non pour que les entreprises locales puissent pleinement saisir les opportunités offertes par l'État.
Maîtriser les chaînes de valeur pour protéger le consommateur
Le président du comité d'organisation a rappelé qu'une chaîne logistique défaillante rend les produits locaux artificiellement plus chers, annulant les efforts de promotion du « consommer local ». La maîtrise des circuits d'approvisionnement est donc perçue comme un enjeu de justice sociale et économique, garantissant la disponibilité et l'accessibilité des produits sur le marché national. Cette réflexion collective souligne la nécessité d'une approche intégrée, où la logistique de proximité devient un moteur de résilience pour l'ensemble du tissu industriel burkinabè.