Dans la province du Nahouri, une initiative portée par le chef coutumier de Pô vise à intégrer pleinement les instances traditionnelles dans le paysage judiciaire national. Cette formation de 48 heures, axée sur la loi « Faso Bu Kaooré », ambitionne de structurer le règlement des différends au niveau local tout en garantissant une conformité avec les textes en vigueur.
Une synergie entre justice traditionnelle et droit positif
La session de formation, présidée par le Haut-commissaire de la province, Sié Aristide Mohamed Kam, a rassemblé une centaine de leaders d'opinion et membres des instances coutumières. L'objectif est de clarifier le cadre légal de la loi « Faso Bu Kaooré », un texte qui reconnaît et valorise le rôle des autorités traditionnelles dans la médiation sociale. En s'appropriant ces dispositions, les acteurs locaux entendent renforcer leur légitimité tout en opérant dans un cadre juridique sécurisé.
Désengorger les juridictions de Pô
L'implication directe de magistrats du Tribunal de grande instance de Pô, notamment le juge d'instruction Sylvain Bayala et le substitut du Procureur Clément S. Savadogo, souligne l'enjeu stratégique de cette démarche. Pour l'appareil judiciaire classique, le transfert de certaines compétences de résolution de litiges vers les instances coutumières représente un levier majeur pour réduire l'encombrement des tribunaux. Cette complémentarité est perçue comme un moyen de pallier les insuffisances de la justice étatique tout en offrant des solutions de proximité plus rapides aux citoyens.
Vers une médiation sociale renforcée
Au-delà de l'aspect technique, cette initiative place les autorités coutumières au cœur de la stabilité communautaire. Sa Majesté le Pô-Pê, initiateur de la rencontre, a insisté sur la rigueur nécessaire à l'exercice de ces nouvelles responsabilités. Les participants, désormais outillés par des études de cas pratiques, s'engagent à agir comme des vecteurs d'apaisement social. Cette dynamique, saluée par les autorités administratives, marque une étape dans la décentralisation de la gestion des conflits, visant à renforcer la cohésion sociale à la base par une justice plus accessible et mieux ancrée dans les réalités locales.