Le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme du Burkina Faso a officiellement lancé les « Zama d'Or », une nouvelle distinction nationale récompensant l'excellence des professionnels de la publicité et de la communication. Cette initiative, dont la première édition s'est tenue en marge des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO), ambitionne de structurer le secteur tout en renforçant l'éthique et la qualité des productions locales.
Une reconnaissance de l'excellence créative
La première édition des Zama d'Or a distingué six professionnels à travers diverses catégories, allant de la communication institutionnelle au publi-reportage. Chaque lauréat s'est vu remettre un trophée, une attestation de l'Observatoire burkinabè de la publicité et une dotation d'un million de francs CFA. Parmi les projets primés, l'affiche de campagne pour le mémorial Thomas Sankara, réalisée par Nazaire Erick Zongo, a été particulièrement remarquée pour sa capacité à fédérer différents publics autour d'un enjeu mémoriel et patriotique commun.
Hommage aux pionniers du secteur
Au-delà des prix compétitifs, cette cérémonie a servi de cadre pour honorer les figures historiques qui ont bâti les fondations de la publicité et de la communication au Burkina Faso. Des personnalités telles que Joachim Baky, Moussa Joseph Ouédraogo, Désiré Comboïgo et Malam Nignan ont reçu des distinctions honorifiques. Ces hommages visent à créer un pont générationnel, rappelant les défis relevés par les précurseurs dans un contexte de moyens limités, tout en inspirant les nouveaux acteurs du marché.
Communication et enjeux de souveraineté
Pour le gouvernement burkinabè, cette initiative dépasse le cadre de la simple récompense professionnelle. Le ministre de la Communication, Gilbert Ouédraogo, a souligné le rôle stratégique des communicants dans le contexte sécuritaire actuel. Il a exhorté les professionnels à faire de leur métier un levier de cohésion nationale, capable de contrer la désinformation et de valoriser le patrimoine culturel. L'accent est désormais mis sur une communication plus inclusive, intégrant les langues nationales et les populations éloignées des centres urbains, afin de renforcer la souveraineté culturelle du pays.