Face aux difficultés structurelles du secteur avicole, le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques du Burkina Faso déploie une enveloppe de 1,07 milliard de francs CFA. Cette initiative baptisée « Zéro poulailler vide » ambitionne de dynamiser la production locale en équipant 500 éleveurs disposant déjà d'infrastructures adéquates.
Un soutien ciblé pour 500 éleveurs
Le programme repose sur la distribution de kits d'élevage complets, adaptés selon deux modèles de production. Pour l'aviculture moderne, le kit, évalué à 2 140 000 FCFA, comprend 1 000 poussins de souche locale améliorée, plus de 3 tonnes d'aliments et un accompagnement sanitaire complet. Le volet traditionnel, doté d'une valeur de 1 335 000 FCFA, se concentre sur 100 volailles adultes et une dotation alimentaire couvrant une période de six mois.
Une stratégie de souveraineté alimentaire
L'objectif affiché par les autorités est de répondre à la demande croissante des populations en produits avicoles. Selon Emilien Ulrich Emmanuel Yisso Bokoné, Directeur général des productions animales, le calendrier de production est strictement encadré : les cycles courts de l'élevage moderne doivent permettre une mise sur le marché dès la fin de l'année 2026, tandis que la production issue de l'élevage traditionnel est attendue pour le début de l'année 2027.
Stimuler le marché local et responsabiliser les acteurs
Au-delà de l'aide directe aux éleveurs, le gouvernement mise sur un effet d'entraînement économique. À l'exception des produits vétérinaires, l'ensemble des composants des kits sera acquis auprès d'opérateurs locaux, favorisant ainsi les circuits courts. Toutefois, cette dotation s'accompagne d'une exigence de résultats : les bénéficiaires sont tenus d'atteindre les objectifs de production fixés, sous peine de devoir rendre des comptes aux autorités compétentes.
Modalités d'accès au programme
Les éleveurs intéressés par cette opération devront soumettre leur candidature via la plateforme numérique dédiée du ministère, accessible à partir du 24 août 2026. Cette dématérialisation des inscriptions vise à assurer une sélection transparente des 500 bénéficiaires parmi les professionnels possédant déjà les installations nécessaires pour garantir la viabilité des cheptels fournis.