Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, a vivement critiqué l'attitude de la communauté internationale face à la recrudescence des attaques terroristes au Sahel. Lors d'un entretien à New York avec le Bureau des Nations unies de lutte contre le terrorisme, il a dénoncé un mutisme diplomatique qu'il juge complice des groupes armés actifs dans la région.
Le traumatisme des attaques coordonnées du 25 avril
Le 25 avril 2026, le Mali a été le théâtre d'une offensive d'une ampleur inédite, frappant simultanément plusieurs centres névralgiques du pays, dont Bamako, Kati, Gao et Kidal. Cette opération, menée par le JNIM en alliance avec le Front de libération de l'Azawad (FLA), a visé des infrastructures militaires et stratégiques. Le bilan humain a été particulièrement lourd, incluant la mort du ministre malien de la Défense, Sadio Camara, lors d'un attentat-suicide. Ces événements avaient contraint les autorités maliennes à instaurer un couvre-feu de 72 heures dans la capitale.
Une dénonciation de la passivité internationale
Cinq mois après ces faits, Ouagadougou a choisi de porter la question devant les instances onusiennes. Karamoko Jean-Marie Traoré a exprimé son incompréhension face à l'absence de condamnation ferme de la communauté internationale. Selon le chef de la diplomatie burkinabè, ce silence s'apparente à une « caution non avouée » accordée à des organisations terroristes. Il a également pointé du doigt une exposition médiatique qu'il juge disproportionnée et complaisante, occultant les exactions subies par les populations civiles au Burkina Faso, au Mali et au Niger.
L'appel à la responsabilité des acteurs mondiaux
Face à Alexandre Zouev, Sous-Secrétaire général par intérim du Bureau des Nations unies de lutte contre le terrorisme, le ministre a exhorté les acteurs internationaux à faire preuve de davantage de rigueur dans leur traitement des groupes armés sahéliens. Il a mis en garde contre toute forme d'instrumentalisation de ces mouvements. De son côté, l'instance onusienne a réitéré son soutien technique au Burkina Faso, notamment en matière d'enquêtes antiterroristes. Cette prise de position intervient dans un contexte régional marqué par le retrait des dispositifs militaires occidentaux et le renforcement de la coopération sécuritaire au sein de l'Alliance des États du Sahel (AES).