La Brigade territoriale de gendarmerie de Ouéssa a mis fin à un important réseau de distribution illégale d'intrants agricoles dans la région du Djôrô. Cette opération, menée en étroite collaboration avec le ministère de l'Agriculture, souligne la volonté des autorités burkinabè de réguler strictement le marché des produits phytosanitaires pour protéger les exploitants et les écosystèmes.
Une saisie massive de produits non homologués
L'opération a permis de mettre la main sur un volume total de 43,79 tonnes de produits agricoles introduits frauduleusement sur le territoire. Le bilan détaillé fait état de 42,5 tonnes d'engrais et de 1,29 tonne de pesticides ne bénéficiant d'aucune homologation officielle. La valeur marchande de cette cargaison illicite est estimée à environ 22 millions de francs CFA, illustrant l'ampleur du manque à gagner pour l'économie formelle et les risques encourus par le secteur agricole.
Expertise technique et traçabilité
Dès la saisie, les équipes de la Direction générale des productions végétales (DGPV) ont été mobilisées pour procéder à un inventaire rigoureux. Cette étape est cruciale pour identifier précisément la nature des substances et leur dangerosité potentielle. Des échantillons officiels ont été prélevés pour subir des analyses en laboratoire, garantissant ainsi une gestion sécurisée des produits saisis et renforçant la base de preuves pour les suites judiciaires de l'enquête.
Collaboration entre forces de sécurité et producteurs
Le succès de cette intervention repose sur une synergie opérationnelle entre les services techniques du ministère de l'Agriculture et la Gendarmerie nationale. Selon Marcel Kara, inspecteur phytosanitaire à la DGPV, cette coordination est indispensable pour garantir la qualité des intrants mis à disposition des producteurs burkinabè. Au-delà de l'aspect répressif, les autorités insistent sur le rôle déterminant de la population locale, dont les signalements ont été décisifs pour localiser ces stocks illégaux. La gendarmerie appelle désormais les citoyens à maintenir cette vigilance pour endiguer durablement la circulation de produits non conformes, un enjeu majeur pour la santé publique et la préservation des terres agricoles.