Dans le cadre des Journées nationales de lutte contre les vecteurs (JNVC) 2026, les autorités burkinabè ont lancé une vaste opération d'assainissement à Ziniaré, chef-lieu de la région de l'Oubri. Cette initiative, placée sous le thème « Je ne serai pas complice des moustiques », vise à responsabiliser les citoyens dans la destruction des gîtes larvaires pour freiner la propagation du paludisme.
Une mobilisation collective au cœur de la stratégie
L'opération, qui s'est déroulée les 5 et 6 septembre, a rassemblé une diversité d'acteurs, incluant les autorités régionales, les forces de sécurité, les leaders communautaires et les citoyens. Cette synergie d'actions répond à une urgence sanitaire, le paludisme restant l'une des causes majeures de mortalité, particulièrement chez les enfants et les femmes enceintes. Lors du premier passage des JNVC, l'efficacité de cette approche avait été démontrée par le nettoyage de 82 sites verts, le curage de 188 mètres de caniveaux et la collecte de plus de 2 200 pneus usagés.
L'assainissement domestique comme levier de prévention
La gouverneure de la région de l'Oubri, Sy Assetou Barry/Traoré, a insisté sur la nécessité d'étendre ces efforts au-delà des espaces publics. Selon elle, l'assainissement des concessions privées est crucial, car la persistance de gîtes larvaires dans les foyers annulerait les bénéfices des actions collectives menées dans les rues. Des agents de santé à base communautaire ont ainsi été déployés pour identifier des foyers de reproduction insoupçonnés, tels que des récipients d'eau stagnante, et sensibiliser les ménages aux risques sanitaires liés à ces pratiques quotidiennes.
Vers un changement durable des comportements
Pour pérenniser ces acquis, le programme s'appuie sur des « champions » locaux, comme Madi Sawadogo dans la province du Kourwéogo, chargés de promouvoir des habitudes d'hygiène durables. Cette stratégie de proximité est complétée par des campagnes radiophoniques visant à ancrer la prévention dans les mœurs. L'enjeu est de transformer la perception des populations : comme l'a souligné un habitant ayant découvert des gîtes larvaires chez lui, la compréhension du danger lié à l'eau stagnante est le premier pas vers une réduction significative de la présence des moustiques dans les zones résidentielles et commerciales.