Le capitaine Ibrahim Traoré a officiellement lancé, le 12 octobre, la « Ligue de la souveraineté », une initiative nationale visant à refonder le système sportif burkinabè. Ce projet ambitieux, structuré autour des régions, cherche à transformer le sport en un levier de développement économique et de cohésion sociale pour la jeunesse.
Une décentralisation de l'offre sportive
La nouvelle compétition repose sur un maillage territorial strict, où chaque région devient le pivot de l'organisation sportive. Sous la supervision des gouverneurs, ce dispositif vise à assurer une répartition équitable des infrastructures et des talents sur l'ensemble du pays. Le chef de l'État a insisté sur l'implication directe des autorités régionales dans le recrutement des encadreurs et la détection des jeunes athlètes, afin d'ancrer le sport dans l'identité locale et de garantir une meilleure représentativité nationale.
Levier économique et création d'emplois
Au-delà de l'aspect compétitif, la Ligue de la souveraineté se veut un moteur de création d'emplois directs. Le projet prévoit l'embauche de près de 1 000 personnes, avec une rémunération minimale fixée à 200 000 francs CFA par mois pour les athlètes sélectionnés, complétée par des avantages sociaux. Pour assurer la pérennité financière de cette structure, le gouvernement a sollicité une participation du secteur privé, qualifiée par le président de « volontaire mais obligatoire » au niveau régional, marquant ainsi une volonté de responsabiliser les entreprises locales dans le financement du sport.
Encadrement social et santé publique
Le projet porte également une dimension de santé publique et de prévention. En offrant un cadre d'expression structuré, les autorités entendent détourner la jeunesse de la consommation d'alcool et de drogues. Le capitaine Ibrahim Traoré a souligné que la construction de la Nation passait nécessairement par une jeunesse consciente et en bonne santé, faisant du sport un outil de « modelage » comportemental. Des figures emblématiques du football national, dont Charles Kaboré, Sibiri Alain Traoré et Adama Guira, ont été associées à cette dynamique pour accompagner le déploiement de cette stratégie nationale.