Le Burkina Faso face au défi de mobiliser les Afro-descendants pour renforcer son influence diplomatique internationale

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 23 lectures
Le Burkina Faso face au défi de mobiliser les Afro-descendants pour renforcer son influence diplomatique internationale

Lors de la XVe édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO), l'enseignant-chercheur Paul Ismaël Bicaba a présenté une stratégie visant à repositionner le Burkina Faso sur la scène internationale. En s'appuyant sur le potentiel des Afro-descendants, cette approche propose de transformer le capital symbolique du pays en un levier concret de diplomatie publique et de rayonnement culturel.

Le modèle AIN-C : une nouvelle approche de la diplomatie

Au cœur de cette réflexion se trouve le modèle conceptuel « AIN-C » (Afro-descendants, Influence, Narratif, Crédibilité). Selon son concepteur, ce cadre théorique rompt avec les visions traditionnelles qui cantonnent les diasporas à un rôle de simples bénéficiaires. Le modèle postule que les Afro-descendants sont des acteurs stratégiques capables de coproduire, d'amplifier et de légitimer les récits nationaux. L'influence internationale ne dépend plus uniquement de la communication institutionnelle, mais d'un écosystème où ces communautés agissent comme des médiateurs crédibles entre le pays et les opinions publiques mondiales.

Leçons des modèles ghanéen, béninois et rwandais

L'étude compare l'expérience burkinabè à celles d'autres nations africaines. Le Ghana est cité comme référence pour avoir su transformer la mémoire historique en un partenariat économique durable via ses campagnes « Year of Return ». Le Bénin, quant à lui, mise sur une approche patrimoniale centrée sur le vodun et la restitution des biens culturels. Le Rwanda, bien que moins axé sur les Afro-descendants, démontre l'importance de la cohérence entre gouvernance, innovation et discours public. Pour le Burkina Faso, le défi réside dans la structuration de ses ressources existantes, telles que l'héritage panafricaniste de Thomas Sankara et le rayonnement du FESPACO, actuellement sous-exploitées dans une stratégie globale.

Recommandations pour une diplomatie inclusive

Pour passer d'un potentiel symbolique à une influence effective, Paul Ismaël Bicaba préconise plusieurs mesures institutionnelles. Il suggère l'élaboration d'une stratégie nationale dédiée, la création d'un dispositif interministériel de coordination et l'institution d'un conseil consultatif des partenaires afro-descendants. Sur le plan opérationnel, le chercheur propose de faire du FESPACO un pivot de cette diplomatie, de lancer une plateforme numérique dédiée aux échanges et de mettre en place un programme d'ambassadeurs crédibles. L'enjeu final est de passer d'initiatives sectorielles cloisonnées à une politique publique cohérente, capable de projeter une image résiliente et attractive du Burkina Faso à l'international.

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