Le Burkina Faso engage une transition scientifique pour intégrer la médecine traditionnelle aux soins nationaux

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 57 lectures
Le Burkina Faso engage une transition scientifique pour intégrer la médecine traditionnelle aux soins nationaux

Le Burkina Faso s'apprête à franchir une étape décisive dans la structuration de son système de santé en plaçant la preuve scientifique au cœur de la médecine traditionnelle. À l'occasion de la 14e Semaine nationale de la médecine traditionnelle et alternative (SNMTA) et de la 24e Journée africaine de la médecine traditionnelle (JAMT), les autorités sanitaires réaffirment leur volonté de transformer ce patrimoine culturel en un levier concret de souveraineté sanitaire.

Exigence de rigueur pour l'intégration thérapeutique

L'intégration des médicaments traditionnels améliorés dans les protocoles de soins nationaux ne sera pas automatique. Le Dr Esaïe Kindo, chef de service à la Direction de la médecine traditionnelle et alternative (DMTA), insiste sur une approche fondée sur des données probantes. Pour que ces produits soient reconnus et prescrits, ils doivent répondre à des normes strictes : évaluation rigoureuse de leur efficacité, contrôle qualité, pharmacovigilance et définition précise des indications thérapeutiques. Cette démarche vise à protéger les patients tout en instaurant une confiance durable entre les populations et le système de santé.

Recherche et souveraineté sanitaire

La 24e édition de la JAMT, placée sous le thème de la recherche pour la couverture sanitaire universelle, souligne la nécessité de passer de l'intention à la preuve. La souveraineté sanitaire, selon les autorités burkinabè, ne repose pas uniquement sur l'importation de produits ou la construction d'infrastructures, mais sur la capacité nationale à évaluer et valoriser les ressources endogènes. Cela implique un investissement accru dans la documentation des savoirs, la normalisation des procédés de fabrication et le développement de chaînes de valeur locales responsables.

Un cadre de collaboration entre praticiens et agents de santé

Le Burkina Faso compte actuellement environ 500 praticiens reconnus et 18 médicaments traditionnels disposant d'une autorisation de mise sur le marché. L'enjeu des rencontres prévues à Manga, du 31 août au 5 septembre 2026, est de renforcer la synergie entre ces praticiens et le corps médical conventionnel. L'objectif est d'éviter toute confusion des rôles tout en favorisant des mécanismes de référence et de recours organisés. Les activités programmées, incluant des ateliers de renforcement des capacités pour les infirmiers et pharmaciens, visent à structurer durablement ce secteur.

Lutte contre les dérives et promotion de l'éthique

La valorisation de la médecine traditionnelle s'accompagne d'une volonté ferme de régulation. Le Dr Kindo rappelle que la reconnaissance des savoirs ancestraux doit impérativement s'accompagner d'une lutte contre les allégations thérapeutiques non fondées et la publicité irrégulière. Les autorités appellent les populations à la vigilance, en recommandant le recours exclusif aux praticiens reconnus, et exhortent les chercheurs à intensifier les travaux interdisciplinaires pour transformer les savoirs traditionnels en innovations médicales accessibles et sécurisées.

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