L'Autorité de régulation du secteur de l'énergie (ARSE) du Burkina Faso a lancé, du 21 au 25 septembre 2026 à Bobo-Dioulasso, un atelier stratégique visant à définir une méthodologie de régulation tarifaire harmonisée. Ce chantier ambitionne de concilier la viabilité financière des opérateurs avec l'impératif d'accessibilité énergétique pour les populations et les entreprises.
Vers un cadre tarifaire prévisible et partagé
Le président de l'ARSE, Dr Jean-Baptiste Ky, a souligné la nécessité de doter le pays d'un référentiel clair, objectif et consensuel. Alors que le secteur fait face à la volatilité des cours des combustibles et à des contraintes budgétaires, l'absence de méthode tranchée pour le calcul des paramètres tarifaires — malgré l'existence d'un décret d'application depuis 2018 — constitue un frein. L'objectif est de clarifier les règles du jeu pour l'ensemble des acteurs, incluant la SONABEL, les coopératives et les producteurs indépendants.
Équilibrer investissements et pouvoir d'achat
La démarche vise à établir des mécanismes rigoureux de révision, d'indexation et de contrôle périodique des tarifs. Selon les autorités, la régulation ne doit pas seulement assurer la pérennité des investissements dans le mix énergétique national, mais également garantir que le coût de l'électricité reste soutenable pour les usagers. Cette équation est présentée comme un levier essentiel pour renforcer la compétitivité économique du pays et soutenir sa souveraineté énergétique.
Une concertation multi-acteurs pour une décision éclairée
L'atelier réunit des représentants de la Primature, du ministère en charge de l'énergie, des opérateurs publics et privés, ainsi que des experts. Ce processus participatif doit permettre de sélectionner, parmi les options prévues par le cadre légal, la méthodologie la plus adaptée aux réalités techniques et économiques du Burkina Faso. À l'issue des cinq jours de travaux, les orientations formulées serviront d'outil d'aide à la décision pour l'ARSE et le gouvernement, avec pour finalité de renforcer la transparence et la confiance entre les parties prenantes du secteur électrique.