Le Burkina Faso franchit une étape décisive pour rendre les personnes en situation de handicap plus visibles dans les indicateurs nationaux. Un atelier de plaidoyer et d'alignement technique, organisé le 29 octobre 2026 par les Organisations des personnes handicapées (OPH) avec le soutien de Light for the World et Sightsavers, vise à transformer les méthodes de collecte de données pour mieux orienter l'action publique.
Un déficit de données comme frein au développement
La planification des politiques publiques repose sur des données fiables, une condition qui fait actuellement défaut concernant les personnes handicapées. Selon Christophe Oulé, représentant des OPH, les actions menées en faveur de cette frange de la population restent invisibles dans les rapports officiels. Lorsque des données existent, elles manquent de désagrégation, empêchant une lecture précise de l'impact des programmes de développement sur les conditions de vie des personnes concernées.
Vers une meilleure visibilité des besoins spécifiques
L'enjeu est de taille : il s'agit de passer d'une approche globale à une analyse fine des besoins. Pour Etienne Bagré, directeur pays de Light for the World, la disponibilité de statistiques détaillées est le levier indispensable pour bâtir des politiques inclusives. Cette visibilité accrue permettrait d'adapter les services publics et les stratégies nationales aux réalités vécues par les personnes handicapées, garantissant ainsi que les investissements de l'État répondent aux besoins réels de toutes les couches de la société.
Une feuille de route pour l'administration publique
Représentant le ministère de l'Économie et des Finances, Emmanuel Savadogo a souligné l'importance de cette démarche pour l'efficacité de l'action gouvernementale. Les autorités attendent de ces travaux un diagnostic partagé sur les obstacles techniques à la collecte de données, ainsi que des orientations concrètes pour améliorer les mécanismes de production statistique. L'objectif final est l'établissement d'une feuille de route opérationnelle, assortie d'échéances claires et de responsabilités définies, afin de faire de l'inclusion du handicap une exigence permanente et mesurable de la gestion publique au Burkina Faso.