La 14e édition de la Semaine nationale de la médecine traditionnelle et alternative (SNMTA) s'est ouverte à Manga, marquant une étape stratégique pour le système de santé burkinabè. L'événement place au cœur des débats l'intégration des médicaments traditionnels améliorés (MTA) dans les protocoles de soins nationaux, avec pour ambition ultime de renforcer l'autonomie sanitaire du pays.
Un levier pour la souveraineté sanitaire
Le thème retenu pour cette édition, « Introduction des médicaments traditionnels améliorés dans les directives nationales de prise en charge des maladies au Burkina Faso : défis et opportunités pour l’atteinte de la souveraineté sanitaire », souligne une volonté politique claire. Pour la gouverneure de la région du Nazinon, Massadalo Yvette Nacoulma, cette démarche ne doit pas se limiter à une reconnaissance symbolique. Elle exige une transformation rigoureuse des savoirs endogènes en solutions thérapeutiques fiables, répondant aux standards internationaux de sécurité, d'efficacité et de qualité.
Encadrer une pratique ancrée dans le quotidien
La pertinence de cette réflexion repose sur une réalité sociologique majeure : plus de 80 % de la population burkinabè a recours à la médecine traditionnelle pour ses besoins de santé. Face à cette prévalence, le ministère de la Santé cherche à professionnaliser le secteur pour garantir la sécurité des patients. Le Dr Mariam Bagagnan, directrice de la médecine traditionnelle et alternative, a rappelé que l'exercice de cette pratique est désormais strictement conditionné par l'obtention d'une autorisation officielle délivrée par les autorités sanitaires, une mesure visant à assainir le secteur et à rassurer les usagers.
Exigences scientifiques et normalisation
Pour que l'intégration des MTA soit effective, les autorités insistent sur la nécessité d'un cadre normatif robuste. Cela implique une évaluation scientifique rigoureuse, une production maîtrisée et la mise en place d'un dispositif de surveillance des effets indésirables. Ce processus de validation est perçu comme indispensable pour transformer les pratiques ancestrales en un pilier complémentaire de la médecine conventionnelle. La SNMTA, qui se déroule jusqu'au 5 septembre 2026, sert ainsi de plateforme de concertation entre praticiens, responsables sanitaires et autorités pour définir les conditions concrètes de cette transition vers une offre de soins plus inclusive et souveraine.