La Semaine des activités minières d'Afrique de l'Ouest (SAMAO) 2026, tenue à Ouagadougou du 14 au 18 septembre, a marqué un tournant dans la vision stratégique des États sahéliens. Les autorités burkinabè ont profité de cet espace d'échanges pour réaffirmer l'impératif de souveraineté économique et la nécessité de transformer localement les ressources extractives pour assurer un développement durable.
Vers une maîtrise de la chaîne de valeur
Le ministre burkinabè en charge des Mines, Zabré Yacouba Gouba, a souligné que l'avenir du continent ne peut plus reposer sur la simple exportation de matières premières brutes. Face à une demande mondiale croissante, portée par la transition énergétique et les technologies vertes, le pays appelle à une montée en gamme industrielle. L'objectif est de créer des industries compétitives et de valoriser l'expertise locale, permettant aux ingénieurs, géologues et entrepreneurs africains de s'approprier chaque étape de la chaîne de valeur minière.
La Confédération du Sahel comme levier d'intégration
L'émergence de la Confédération des États du Sahel est présentée comme un levier majeur pour restructurer la gouvernance des ressources. Selon le ministre, cette dynamique offre des perspectives inédites de coopération dans les secteurs minier, énergétique et des hydrocarbures. Ce choix politique vise à garantir une gestion intégrée des richesses naturelles, permettant aux nations membres de reprendre le contrôle de leur destinée économique face aux enjeux géopolitiques internationaux.
Quatre piliers pour une réforme sectorielle
Les travaux de la SAMAO 2026 ont permis d'identifier quatre défis prioritaires pour le secteur extractif régional. Outre la souveraineté économique et le renforcement des capacités nationales, les autorités insistent sur la protection de l'environnement, exigeant un équilibre entre rentabilité et préservation des écosystèmes. Enfin, la sécurisation des zones d'exploitation est posée comme une condition sine qua non pour attirer des investissements durables et garantir la stabilité des activités minières dans un contexte sahélien complexe.
Une feuille de route pour la transparence
Les recommandations issues de cette édition de la SAMAO serviront de base aux futures réformes nationales. Le Burkina Faso s'engage à bâtir un modèle de gouvernance fondé sur la transparence et l'équité, avec pour ambition ultime que l'exploitation des ressources naturelles se traduise par une amélioration concrète des conditions de vie des populations et une transformation structurelle des économies nationales.