Le Burkina Faso adopte une stratégie quinquennale pour éradiquer le VIH-Sida d'ici 2030

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 6 lectures
Le Burkina Faso adopte une stratégie quinquennale pour éradiquer le VIH-Sida d'ici 2030

Le Burkina Faso a franchi une étape décisive dans sa politique de santé publique en validant, lors de la 23e session du Conseil national de lutte contre le sida (CNLS-IST), son nouveau plan stratégique pour la période 2026-2030. Si la prévalence nationale se maintient à 0,5 %, les autorités sanitaires entendent désormais lever les freins persistants, notamment la prise en charge pédiatrique et le financement, pour atteindre l'objectif d'élimination de la maladie en tant que menace publique d'ici 2030.

Un bilan contrasté malgré la stabilité épidémiologique

L'année 2025 a confirmé une certaine résilience du système de santé burkinabè, avec 87 534 personnes sous traitement antirétroviral et un taux de connaissance du statut sérologique atteignant 93 %. La prévention de la transmission de la mère à l'enfant affiche également des résultats encourageants, avec un dépistage systématique de 95,4 % des femmes enceintes en consultation prénatale. Toutefois, ces indicateurs globaux masquent des disparités préoccupantes : seules 29 % des enfants vivant avec le VIH sont identifiés et traités, et la charge virale n'est supprimée que chez 61 % des patients suivis.

Cinq défis majeurs pour la nouvelle stratégie 2026-2030

Le nouveau référentiel national identifie cinq obstacles critiques à surmonter. Outre la nécessité d'améliorer la suppression de la charge virale et de renforcer la prise en charge des enfants, le gouvernement pointe la vulnérabilité accrue des populations déplacées internes, des jeunes et des forces de défense et de sécurité. À cela s'ajoute la problématique de la résistance aux traitements et une baisse inquiétante du taux de couverture des besoins financiers, tombé à 59,41 % en 2025 contre 71,43 % l'année précédente.

Un engagement financier national accru

Pour financer ce plan ambitieux, dont le coût est estimé à 138,12 milliards de FCFA, l'État burkinabè s'est engagé à couvrir au moins 50 % des besoins. Cette volonté politique vise à garantir la pérennité de la gratuité des soins et des examens biologiques, tout en sécurisant les partenariats internationaux. Le plan 2026-2030 décline quatre objectifs opérationnels : réduire de 95 % les nouvelles infections et la mortalité liée au VIH, améliorer la qualité de vie des personnes affectées et consolider la gouvernance du secteur. Les partenaires techniques et financiers ont réitéré leur soutien à cette feuille de route, insistant sur la nécessité d'une approche différenciée pour ne laisser aucune population de côté, en particulier dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires complexes.

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