Le Bureau du Procureur spécial (OSP) du Ghana a officiellement désigné cinq individus, dont l'ancien ministre de l'Énergie Kwabena Donkor, comme personnes d'intérêt dans le volet ghanéen de l'affaire de corruption Asante Kweku Berko. Cette annonce intervient dans le sillage de la condamnation de M. Berko par un jury fédéral à New York en août 2026 pour un système de pots-de-vin dépassant le million de dollars.
Les profils ciblés par l'enquête
Outre l'ancien ministre Kwabena Donkor, l'OSP a identifié quatre autres personnes liées à l'ancien ministère de l'Énergie ou au secteur privé : Francis Walkson Kwesi Gyata, ancien conseiller technique, Solomon Adjetey Sowah, ex-directeur adjoint, ainsi que Lindin George Nii Mettle et Baffour Ankomah Brobbey, tous deux associés à la société Tricop Group Limited. Ces investigations font suite à une collaboration étroite entre l'OSP et le FBI, facilitée par les accords d'assistance juridique mutuelle entre le Ghana et les États-Unis.
Le mécanisme de corruption présumé
L'affaire concerne des faits survenus entre 2014 et 2015, impliquant le développement d'une centrale électrique de 370 mégawatts à Tema. Asante Berko, ancien directeur général de la Tema Oil Refinery et détenteur de la double nationalité ghanéo-américaine, a été reconnu coupable d'avoir orchestré des paiements illicites auprès de responsables ghanéens pour favoriser ce projet énergétique, impliquant notamment des acteurs internationaux comme AXA Energy Eratim et Goldman Sachs.
Précautions juridiques et procédure locale
Le procureur spécial Kissi Agyebeng a tenu à clarifier le statut des personnes nommées, soulignant qu'être désigné comme « personne d'intérêt » ne signifie pas être un suspect ou une personne coupable. Il a insisté sur le fait que la condamnation de M. Berko aux États-Unis ne constitue pas une preuve automatique pour des poursuites au Ghana. Chaque dossier devra être étayé par des preuves conformes au droit ghanéen, l'OSP précisant que l'enquête se poursuit également auprès d'autres employés actuels et anciens de plusieurs institutions publiques, dont la Volta River Authority et la compagnie d'électricité nationale (ECG).