Le calendrier institutionnel sénégalais est marqué par un nouveau report de la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô. Malgré une annonce initiale du gouvernement fixant l'exercice au 1er septembre, le Bureau de l'Assemblée nationale a clarifié que cette date ne permettait pas le respect des procédures constitutionnelles en vigueur.
Une reprise en main du calendrier parlementaire
Le Bureau de l'Assemblée nationale a tenu à dissiper toute ambiguïté concernant la session extraordinaire convoquée par le Président Bassirou Diomaye Faye. Conformément à l'article 63 de la Constitution et à l'article 7 du Règlement intérieur, la séance du 1er septembre sera strictement limitée à l'ouverture de la session et au constat du quorum. Le Bureau souligne que la fixation de la date de la DPG relève exclusivement de la compétence de la Conférence des Présidents, et non d'une décision unilatérale de l'exécutif.
Le poids des délais légaux
Au-delà de la question de la compétence, des contraintes procédurales alourdissent le processus. Les règles parlementaires imposent une notification préalable de l'Assemblée nationale au moins huit jours avant la tenue de la DPG. Ce délai n'ayant pas été respecté pour la date du 1er septembre, l'organisation de la séance nécessite désormais un nouvel enchaînement formel : réunion du Bureau, convocation de la plénière et information des députés. Ces étapes techniques rendent impossible une tenue immédiate de l'exercice.
Un enjeu constitutionnel persistant
Cette situation souligne la complexité des rapports entre l'exécutif et le législatif. Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, nommé le 25 mai 2026, a vu expirer le 25 août dernier le délai de trois mois imposé par l'article 55 de la Constitution pour présenter sa feuille de route devant les députés. Ce blocage rappelle les tensions institutionnelles antérieures, notamment celles vécues en 2024 par l'actuel président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko, alors Premier ministre. À ce jour, aucune nouvelle date n'a été arrêtée pour la présentation du programme gouvernemental, laissant la responsabilité de ce choix à la prochaine Conférence des Présidents.