Le Nigeria Labour Congress (NLC) et le syndicat des enseignants (NUT) du Territoire de la capitale fédérale (FCT) ont formellement contesté la directive du ministre Nyesom Wike visant à appliquer la règle du « pas de travail, pas de salaire » aux grévistes. Ce conflit social, qui paralyse une partie des services publics depuis le 7 octobre, cristallise une opposition profonde sur l'interprétation du droit de grève au Nigeria.
Une légalité contestée par les syndicats
Pour Knabayi Adalo, président du conseil du NLC pour le FCT, et Margaret Jethro, secrétaire du NUT, la menace ministérielle est « inconstitutionnelle, illégale et inapplicable ». Les syndicats s'appuient sur l'article 40 de la Constitution nigériane de 1999 ainsi que sur les conventions de l'Organisation internationale du travail (OIT) pour justifier leur mouvement. Selon eux, la grève actuelle respecte toutes les procédures légales, rendant caduque l'application de la section 43 de la loi sur les différends commerciaux, qui ne concernerait que les arrêts de travail jugés illégaux.
La surveillance des présences au cœur des tensions
La directive de Nyesom Wike ordonnait aux responsables administratifs et aux chefs d'établissement d'ouvrir des registres de présence quotidiens pour identifier les grévistes. En réponse, le NLC a donné des consignes strictes à ses membres : refuser de signer tout document de ce type. Le syndicat considère ces registres non pas comme des outils de gestion, mais comme des instruments de division et de répression. Le NLC a d'ailleurs averti que tout responsable d'établissement qui forcerait les enseignants à signer ou transmettrait des listes de grévistes s'exposerait à des actions de piquetage syndical.
Les revendications structurelles en suspens
Au-delà de la menace financière, le conflit porte sur des griefs profonds concernant la gestion des ressources humaines au sein du FCT. Les syndicats dénoncent l'imposition d'une « clause de vacance » entravant les promotions des enseignants, ainsi que la rétrogradation de directeurs bénéficiant pourtant de la loi de 2022 sur l'âge harmonisé de la retraite. Le NLC exige l'annulation de cette clause, la tenue effective des exercices de promotion pour 2025 et la réintégration des cadres rétrogradés. Pour les représentants syndicaux, le gouvernement doit privilégier le dialogue sur ces enjeux de carrière plutôt que de recourir à l'intimidation, tout en assurant aux travailleurs que le syndicat protégera leurs emplois et leurs salaires contre toute mesure de rétorsion.