La tension monte à l'Assemblée nationale sénégalaise où la majorité parlementaire, issue du Pastef, se prépare à une confrontation directe avec l'Exécutif. Après le rejet systématique de ses propositions de loi en commission technique, le groupe parlementaire entend transformer les prochaines séances plénières en un espace de clarification sur la gestion des ressources publiques et la transparence gouvernementale.
Le blocage des réformes sur les contrats pétroliers
Au cœur des crispations figure la proposition de loi visant à soumettre les contrats pétroliers à une présentation préalable devant les députés, sans toutefois exiger un vote, avant leur signature par le chef de l'État. Le gouvernement, par la voix du ministre de l'Énergie, a opposé une fin de non-recevoir à cette initiative, arguant que cette procédure relève du domaine réglementaire et non législatif. Ce texte, qui cristallise les divergences sur la transparence des ressources extractives, sera débattu en séance plénière le 29 septembre 2026.
Désaccords sur la gestion des fonds spéciaux et la santé carcérale
Le gouvernement a également rejeté les propositions relatives à l'encadrement des crédits spéciaux et à la santé mentale en milieu carcéral, tout en introduisant des amendements. Concernant les fonds spéciaux, le ministre de la Justice a justifié le refus de les limiter aux seuls secteurs de la défense, de la sécurité et de la diplomatie. Il a souligné que ces ressources sont également mobilisées pour des actions sociales et de soutien, conformément au caractère « laïc et social » du Sénégal. Pour la majorité parlementaire, ces rejets successifs témoignent d'une volonté délibérée de l'Exécutif de maintenir une opacité sur l'utilisation des deniers publics.
Un calendrier parlementaire sous haute tension
Face à ce blocage, la députée Fatou Cissé Goudiaby a annoncé que les plénières de la semaine prochaine serviront de tribune pour défendre les intérêts populaires. Si le climat politique s'annonce électrique, le calendrier législatif prévoit néanmoins l'examen de textes moins conflictuels, notamment le projet de loi prorogeant la validité des cartes nationales d'identité, seul texte ayant reçu un avis favorable en commission. Par ailleurs, les travaux se poursuivront le 2 octobre 2026 avec l'examen du rapport de la mission d'information portant sur l'affaire Softcare, un dossier qui sera suivi de près pour mesurer l'ampleur du contrôle parlementaire sur l'action gouvernementale.