L'État du Borno, au Nigeria, amorce une transition stratégique en cherchant à substituer l'aide humanitaire par des investissements privés structurants. Avec le soutien de l'ONU, de l'Union européenne et de l'Allemagne, les autorités locales multiplient les tables rondes pour attirer les capitaux vers des secteurs clés tels que l'agriculture, l'élevage et l'industrie.
Une stratégie de relance par le capital privé
Lors d'une récente table ronde à Abuja réunissant plus de 50 investisseurs potentiels, les partenaires internationaux ont souligné les limites du financement public et humanitaire pour assurer une reconstruction pérenne. L'Union européenne, par la voix de Laila Ben Amor Mathieu, a insisté sur la nécessité de mobiliser des capitaux privés pour soutenir des projets commercialement viables. Cette approche vise à compléter les efforts de stabilisation par des mécanismes comme le Borno State Durable Solutions Trust Fund, tout en encourageant les entreprises à s'implanter localement.
Réformes administratives et incitations fiscales
Pour rassurer les investisseurs, l'administration du gouverneur Babagana Zulum a engagé une simplification des procédures administratives. L'Agence de promotion des investissements du Borno est désormais chargée de faciliter l'accès au foncier et de mettre en œuvre des mesures fiscales incitatives. Le gouvernement régional mise sur ces réformes pour protéger les investissements et encourager les partenariats public-privé, considérant le secteur privé comme le moteur essentiel de la création d'emplois et de la prospérité à long terme.
Priorités sectorielles pour la reconstruction
Le Borno cible prioritairement les filières où il dispose d'un avantage comparatif : l'agriculture commerciale, la production de bétail, la pêche et la transformation industrielle. Ces secteurs sont jugés cruciaux pour absorber la main-d'œuvre locale, notamment les jeunes et les femmes. Parallèlement, les autorités appellent les institutions financières à élargir l'accès au crédit pour les petites et moyennes entreprises, afin de renforcer le tissu économique local. L'Allemagne, partenaire clé de cette transition, a salué les efforts de sécurisation et de reconstruction des infrastructures, soulignant que la mobilisation de financements mixtes sera déterminante pour la réussite de cette phase de développement.