Le Board of Peace (BoP), instance créée par les États-Unis pour superviser la reconstruction de Gaza, a officiellement exclu l'UNRWA de ses opérations futures. Cette décision, qui s'inscrit dans un contexte de blocage persistant du processus de paix, fragilise davantage l'aide humanitaire destinée à une population civile en situation de détresse extrême.
Une exclusion aux conséquences humanitaires majeures
Le BoP a dévoilé un plan de reconstruction chiffré à 2,4 milliards de dollars, structuré autour de 66 projets. Cependant, l'agence onusienne pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) ne figure pas parmi les partenaires retenus. Pour justifier ce choix, le conseil invoque un manque de fiabilité et l'objectif de contribuer à une « bande de Gaza déradicalisée ». Cette mise à l'écart est vivement contestée par les responsables de l'agence, qui rappellent que l'UNRWA emploie 11 000 personnes sur place et demeure un pilier indispensable pour la santé, l'éducation et l'assainissement dans l'enclave.
Alignement politique et tensions sur le terrain
La décision du BoP est perçue par de nombreux observateurs, et dénoncée par le Hamas, comme un alignement strict sur la position israélienne. Depuis des années, Israël réclame le démantèlement de l'UNRWA, accusant l'institution d'être infiltrée par des factions armées, des allégations que la Cour internationale de Justice n'a pas jugées étayées par des preuves substantielles. Cette exclusion semble viser directement le statut des réfugiés palestiniens, l'agence étant historiquement le garant de leur droit au retour.
Un processus de reconstruction au point mort
Malgré l'annonce de ce plan ambitieux, la réalité sur le terrain reste marquée par l'impasse. Le retrait des forces israéliennes et le désarmement du Hamas, conditions préalables au déploiement des projets, n'ont pas été réalisés. Actuellement, Israël occupe plus de 60 % du territoire, tandis que les besoins en reconstruction sont estimés à 71,5 milliards de dollars. La stratégie du BoP, qui conditionne l'aide à des zones jugées « libres de contrôle du Hamas », se heurte au refus d'Israël d'ouvrir les points de passage tant que le désarmement total n'est pas effectif.
Une crise humanitaire qui s'aggrave
Près d'un an après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu, la situation sanitaire et sociale demeure critique. Plus de 84 % de la population est déplacée, et le système de santé est au bord de l'effondrement total. L'éviction de l'UNRWA, dans ce contexte de pénuries massives de carburant et de matériel médical, fait craindre aux experts une aggravation rapide des conditions de vie pour les 2,3 millions d'habitants de la bande de Gaza.