Le Board of Peace, instance créée sous l'impulsion de l'administration Trump, a annoncé un plan de relance de 2,45 milliards de dollars destiné à la reconstruction de Gaza. Ce programme, présenté en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, vise à financer 66 projets prioritaires sur une période de six mois, ciblant notamment le logement, l'accès à l'énergie et la gestion des déchets.
Un défi financier et logistique colossal
Si l'annonce marque une volonté d'engagement, la réalité financière reste complexe. Bien que 18 milliards de dollars aient été promis par divers donateurs internationaux, seuls 280 millions de dollars ont été effectivement décaissés à ce jour. Le Board of Peace estime que la reconstruction complète du territoire nécessitera environ 71,4 milliards de dollars sur la prochaine décennie. Jared Kushner, membre du conseil, a reconnu l'existence de retards opérationnels, tout en réaffirmant la détermination de l'organisation à mener à bien ces chantiers.
Sécurité et déminage : les préalables à la reconstruction
La mise en œuvre du plan se heurte à des obstacles sécuritaires immédiats. Michael Eisenberg, membre du conseil, a souligné que la phase de reconstruction ne pourra réellement débuter qu'après le nettoyage des zones de guerre, incluant l'élimination des munitions non explosées et la neutralisation des tunnels souterrains. Ces opérations de sécurisation sont indispensables avant que les infrastructures civiles, telles que les réseaux d'assainissement et les habitations, ne puissent être réhabilitées.
Des tensions politiques persistantes
Le projet s'inscrit dans un contexte diplomatique fragile. Malgré un cessez-le-feu, les violences se poursuivent, avec plus de 1 300 Palestiniens tués depuis l'instauration de la trêve, selon les données du ministère de la Santé local. Les divergences restent profondes entre les parties prenantes : si le Hamas a exprimé son accord pour un désarmement sous condition de retrait des forces israéliennes, le Premier ministre Benjamin Netanyahu maintient une position ferme, exigeant un désarmement total et effectif avant tout retrait militaire. Cette impasse politique, couplée à la nécessité de réformer la gouvernance interne de Gaza, constitue le principal point de vigilance pour la viabilité à long terme de ce plan de reconstruction.