Le projet de loi de finances rectificative (LFR 1), attendu depuis le mois de juin au Sénégal, demeure bloqué dans un imbroglio administratif et politique. Ce différend met en lumière une relation de plus en plus complexe entre le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye et l'Assemblée nationale.
Un blocage lié à une omission procédurale
Alors que l'examen du texte était annoncé comme imminent depuis six mois, le dossier est resté lettre morte. Selon des sources internes à l'Assemblée nationale, le blocage ne serait pas le fruit du hasard, mais résulterait d'une irrégularité dans la transmission des documents par l'exécutif. Le gouvernement aurait transmis le décret portant sur la LFR 1 sans y joindre le projet de loi proprement dit, une pièce jugée indispensable par les parlementaires pour entamer tout examen législatif conforme aux procédures en vigueur.
Divergences de lecture entre l'exécutif et le législatif
Face à cette situation, les deux institutions se renvoient la responsabilité. Si les services de l'exécutif rejettent les arguments avancés par le Parlement, les qualifiant de non fondés, l'Assemblée nationale maintient sa position : aucune inscription à l'ordre du jour ne sera possible tant que le projet de loi complet ne sera pas formellement déposé. Ce bras de fer soulève des interrogations sur la nature réelle de cet incident : s'agit-il d'une simple erreur administrative ou d'une volonté délibérée de la nouvelle direction de l'Assemblée de durcir le contrôle parlementaire sur les actes de l'exécutif ?
Une relation institutionnelle sous tension
Ce blocage prolongé de la LFR 1 agit comme un révélateur des crispations actuelles au sommet de l'État. En refusant de cautionner une pratique qui, selon certaines sources, aurait pu être tolérée par le passé, l'Assemblée nationale semble marquer une rupture dans ses relations avec le gouvernement. Alors que les deux parties campent sur leurs positions, l'absence de consensus sur ce texte financier crucial fragilise la fluidité du dialogue entre le pouvoir législatif et l'équipe de Bassirou Diomaye Faye, laissant planer une incertitude sur la suite du calendrier budgétaire.