Le projet de réhabilitation de la Corniche Ouest de Dakar, pilier des infrastructures prévues pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) 2026, fait l'objet d'un blocage institutionnel majeur. Le Directeur général de l'Aménagement urbain, Momar Ndiaye, dénonce une obstruction de la municipalité de Dakar qui, selon lui, compromet un investissement national de 18,4 milliards de FCFA et fragilise la crédibilité du pays à l'approche de cette échéance sportive internationale.
Un enjeu financier et temporel critique
La réhabilitation de la Corniche Ouest est soumise à un calendrier strict, avec une échéance fixée au 30 septembre. Le blocage actuel, qui porte sur l'installation d'équipements liés à un don du gouvernement chinois, menace directement la livraison des chantiers nécessaires aux JOJ 2026. Pour les autorités centrales, cette situation n'est pas seulement un différend administratif, mais une entrave à un projet d'utilité publique dont les retombées concernent l'ensemble de la jeunesse et le rayonnement du Sénégal.
La question de la compétence sur le domaine public maritime
Au cœur du désaccord se trouve la gestion du domaine public maritime. Momar Ndiaye rappelle que cette zone échappe aux prérogatives de la Ville de Dakar et relève exclusivement de la compétence de l'État. L'AGETIP, agissant en tant que mandataire pour le compte du gouvernement, estime que l'opposition de l'exécutif local est juridiquement infondée. Selon le Directeur général de l'Aménagement urbain, persister dans cette voie revient à se placer en porte-à-faux avec le droit, tout en ignorant les efforts de concertation préalablement engagés.
L'impasse du dialogue entre État et municipalité
Malgré des tentatives de médiation, incluant des propositions de sites alternatifs pour l'installation de l'ouvrage baptisé « le Dragon », le dialogue semble rompu. L'État déplore une stratégie de confrontation délibérée de la part de la mairie, qu'il juge préjudiciable à l'intérêt national. Pour les autorités, le refus de collaborer sur un dossier d'une telle envergure dépasse le cadre d'une simple divergence politique pour devenir un risque concret pour le développement urbain et la tenue des engagements internationaux du pays.