La production pétrolière libyenne subit un coup d'arrêt brutal suite à une action de protestation menée par les gardiens des installations. Le blocage d'une vanne stratégique sur l'oléoduc reliant le champ de Hamada à la raffinerie de Zawiya a contraint la Compagnie nationale du pétrole (NOC) à suspendre l'activité de trois sites majeurs.
Un arrêt complet de l'activité à Hamada
Depuis le mardi 15 septembre, les gardiens chargés de la sécurité des infrastructures pétrolières ont engagé un mouvement de grève pour dénoncer leurs conditions de travail. Cette mobilisation s'est traduite par la fermeture physique d'une vanne sur l'oléoduc principal, provoquant une interruption immédiate de l'acheminement du brut. Face à cette situation, la NOC a exprimé son inquiétude et a exhorté les autorités nationales à intervenir rapidement pour dénouer la crise, tout en évoquant la possibilité d'invoquer la clause de « force majeure » pour se dégager de ses obligations contractuelles de livraison.
Des revendications sociales récurrentes
Le blocage souligne la fragilité du secteur pétrolier libyen, où les agents de sécurité, bien que responsables de la protection des sites, deviennent régulièrement les instigateurs de blocus pour faire valoir des revendications salariales et sociales. Les manifestants ont d'ores et déjà annoncé leur intention de maintenir le blocage jusqu'à l'obtention de garanties concrètes, plaçant la NOC dans une position d'attente critique.
Impact sur les marchés et ambitions nationales
Cet incident intervient alors que la Libye, détentrice des plus importantes réserves pétrolières d'Afrique, affiche l'ambition de porter sa production à deux millions de barils par jour d'ici 2030, contre 1,4 million actuellement. Toutefois, l'instabilité chronique qui frappe le pays depuis 2011 continue de peser sur ces objectifs de croissance. La réduction soudaine de l'offre libyenne, couplée aux tensions sur d'autres routes maritimes stratégiques comme les détroits d'Ormuz et de Bab el-Mandeb, a immédiatement provoqué une réaction sur les marchés internationaux, avec une hausse du prix du baril de près de trois dollars ce mercredi.