Les épisodes de chaleur extrême survenus durant l'été ont engendré une surmortalité significative en Europe, avec des bilans humains particulièrement lourds en Allemagne et en Belgique. Ces données, publiées par les instituts de santé publique nationaux, soulignent l'impact croissant du dérèglement climatique sur la santé des populations les plus vulnérables.
Un bilan sans précédent en Allemagne
L'institut Robert Koch (RKI) a recensé 16 300 décès liés aux fortes chaleurs en Allemagne, marquant un record historique depuis le début de ses estimations. Ce chiffre dépasse largement les précédentes alertes sanitaires, notamment celle de 2018 qui faisait état de 8 900 décès. La période la plus critique a été observée entre le 22 et le 28 juin, une semaine durant laquelle les températures ont franchi la barre des 41 °C dans certaines régions, causant à elle seule 9 600 décès. Les personnes âgées de 75 ans et plus constituent la catégorie démographique la plus durement touchée par ces conditions climatiques extrêmes.
La situation critique de la Belgique
De son côté, l'institut national de santé publique belge, Sciensano, a comptabilisé 2 935 décès supplémentaires survenus lors des trois vagues de chaleur ayant frappé le pays entre la mi-juin et la mi-août. Cet été s'impose comme le plus chaud jamais enregistré en Belgique depuis le début des relevés météorologiques à Uccle en 1833. La première vague de chaleur, s'étendant du 18 juin au 3 juillet, demeure la plus meurtrière avec une surmortalité de près de 49 % par rapport aux prévisions habituelles.
Les facteurs aggravants de la surmortalité
Les autorités sanitaires belges ont identifié une combinaison de facteurs critiques expliquant ce bilan exceptionnel. La durée prolongée des épisodes caniculaires, l'intensité des températures et les fortes concentrations d'ozone ont agi de concert pour fragiliser la santé publique. Ces phénomènes, rendus plus fréquents et plus intenses par le dérèglement climatique d'origine humaine, posent un défi majeur pour les systèmes de santé européens, contraints d'adapter leurs politiques de prévention face à une récurrence accrue de ces événements extrêmes.