Alors que le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô s'apprête à présenter sa Déclaration de Politique Générale le 8 septembre 2026, le bilan de son prédécesseur, Ousmane Sonko, fait l'objet d'une évaluation rigoureuse. Désormais président de l'Assemblée nationale, M. Sonko se retrouve dans la position singulière de superviser l'examen des orientations qu'il avait lui-même impulsées en 2024.
Une trajectoire d'investissements en net recul
La promesse d'un Sénégal plus attractif, portée par le label « Invest in Sénégal », se heurte à une réalité statistique préoccupante. Selon les données du World Investment Report 2026 de la CNUCED, les investissements directs étrangers (IDE) ont connu une chute drastique, passant de 4 790 millions de dollars en 2023 à 37 millions en 2025. Ce repli place désormais le pays au 46e rang sur 52 économies africaines, marquant une perte de vitesse significative pour une nation qui occupait précédemment la première place en Afrique de l'Ouest.
Défis budgétaires et poids de la dette
La stratégie économique initiale, axée sur une rationalisation des dépenses et un retour progressif à un déficit de 3 % du PIB, a été confrontée à des indicateurs macroéconomiques complexes. En 2024, le déficit budgétaire a atteint 13,4 % du PIB, tandis que la dette publique s'établit à près de 26 000 milliards de FCFA. Ces chiffres illustrent la difficulté de concilier les objectifs de discipline budgétaire avec les impératifs de soutien au pouvoir d'achat, notamment à travers la gestion des subventions sur les hydrocarbures.
La reddition des comptes comme priorité gouvernementale
Entre 2024 et 2026, l'action publique a été largement marquée par une volonté de transparence, privilégiant les audits, les revues de contrats et les états des lieux financiers. Si cette démarche visait à assainir la gestion héritée, son impact réel sur la croissance économique, la création d'emplois et la compétitivité du secteur privé demeure un point de friction central dans le débat politique actuel. Cette phase de contrôle précède désormais des discussions cruciales avec les partenaires internationaux, à l'instar des échanges en cours sur l'accord technique avec le FMI et le plan de traitement de la dette présenté par le ministre Cheikh Diba.