Le bilan critique d'Assane Diop sur la gestion du pouvoir par le Pastef au Sénégal

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 25 lectures
Le bilan critique d'Assane Diop sur la gestion du pouvoir par le Pastef au Sénégal

Dans une tribune incisive, l'analyste politique Assane Diop, membre du CECAR, dresse un bilan alarmiste des deux premières années de gouvernance du Pastef au Sénégal. Il dénonce une gestion marquée par une crise de confiance profonde, une instabilité institutionnelle et une dégradation des indicateurs économiques nationaux.

Un climat de défiance institutionnelle

Assane Diop pointe du doigt une fragilisation des piliers démocratiques du pays. Selon lui, l'Assemblée nationale a perdu sa vocation de lieu de débat contradictoire, tandis que des zones d'ombre persistent sur l'usage des fonds spéciaux et l'indépendance réelle de la justice. L'analyste va plus loin en affirmant que les méthodes de contestation employées par le Pastef durant ses années d'opposition, qualifiées de « vandalisme politique », auraient été transposées dans l'exercice du pouvoir, entravant ainsi la stabilité des institutions.

Les fragilités du tissu économique

Sur le plan économique, le constat est tout aussi sombre. L'auteur souligne l'érosion du pouvoir d'achat, la persistance du chômage des jeunes diplômés et les difficultés accrues pour les classes moyennes. Le secteur privé, moteur essentiel de la croissance, serait particulièrement pénalisé par un climat d'improvisation et d'incertitude. La révélation d'une dette publique dissimulée et les tensions initiales avec le Fonds monétaire international (FMI) sont présentées comme des facteurs ayant aggravé la crise de confiance des investisseurs et des partenaires financiers.

Tensions au sommet de l'État

L'analyste identifie la rivalité ouverte entre le président de la République et le président de l'Assemblée nationale comme un frein majeur à l'action publique. Cette discorde au sommet de l'État, couplée à ce qu'il nomme un « souverainisme de façade » dépourvu de stratégie rigoureuse, empêcherait la mise en œuvre de politiques publiques efficaces. Pour Diop, cette absence de cohésion interne fragilise la capacité du pays à répondre aux attentes sociales urgentes.

Vers une nécessaire reconstruction

Malgré ce réquisitoire, Assane Diop refuse le fatalisme. Il rappelle que le Sénégal dispose d'atouts structurels solides, notamment ses ressources en hydrocarbures, son potentiel agricole et son capital humain. Pour sortir de l'impasse, il préconise une rupture avec l'opacité budgétaire et un apaisement des relations politiques. Il voit dans le nouvel accord avec le FMI non pas une solution miracle, mais un levier technique que le gouvernement doit impérativement utiliser pour relancer la production de richesses et restaurer la crédibilité de l'État.

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