Le collectif Les Morts de la Rue a recensé 927 décès de personnes sans domicile fixe en France au cours de l'année 2025. Ce bilan, qui inclut le décès de 20 enfants de moins de 15 ans, met en lumière une crise structurelle du logement et une défaillance persistante des mécanismes de protection sociale.
Une mortalité précoce et en constante augmentation
Depuis le lancement du premier rapport du collectif en 2012, le nombre de décès de personnes en situation de rue a plus que doublé, marquant une progression de 2,2 fois. L'âge moyen au moment du décès s'établit à 49 ans, soit un écart de 30 ans par rapport à l'espérance de vie moyenne de la population générale, fixée à 79,5 ans. Si les hommes restent majoritaires, les données révèlent une féminisation croissante de cette précarité, la part des femmes étant passée à 14 % contre 11 % sur la période 2012-2024.
La violence au cœur de l'espace public
Le rapport souligne que près d'un décès sur cinq est la conséquence directe d'une mort violente. Le décompte fait état de 43 homicides, 43 noyades, 24 suicides, 22 intoxications et 16 décès causés par le feu. À ces chiffres s'ajoutent 22 morts liées au froid, atteignant un niveau inédit depuis 2012. La concentration géographique est marquée, l'Île-de-France regroupant à elle seule 38 % des cas recensés sur le territoire national.
Un appel à une réponse politique structurelle
Le collectif insiste sur le caractère non exhaustif de ces données, précisant que la réalité du terrain est probablement plus sombre, les dossiers étant authentifiés au compte-gouttes. Pour les acteurs associatifs, ces chiffres ne sont pas une fatalité mais le résultat d'une crise du logement exacerbée et d'une précarité grandissante touchant des profils de plus en plus diversifiés. Ils appellent les pouvoirs publics à considérer ces décès non comme des faits divers, mais comme un échec collectif nécessitant une refonte urgente des politiques d'hébergement et d'accompagnement social.