Le Bénin franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son système judiciaire avec 50 nominations stratégiques, validées lors du Conseil des ministres du 2 septembre 2026. Ces décisions, prises après avis du Conseil supérieur de la Magistrature, touchent l’ensemble de la chaîne judiciaire, de la Chancellerie aux tribunaux locaux, en passant par les cours d’appel et les juridictions spécialisées. Une réforme qui s’inscrit dans une dynamique de renforcement de l’État de droit et d’amélioration de l’accès à la justice.
Une refonte ciblée de la Chancellerie et de la Cour suprême
À la Chancellerie, Gbétondji Bienvenu DJOSSOU intègre la Direction des Affaires civiles et des Sceaux, un poste clé pour la gestion des actes administratifs et juridiques. La Cour suprême, pilier du système judiciaire béninois, voit l’arrivée de Comlan Christian ADJAKAS comme conseiller, tandis que trois auditeurs sont nommés : Audrey TCHOGNINOU, Daniel Gilles Antonio d’ALMEIDA et Abd Galeb Mohamed Adéléké CHABI MAMA. Ces nominations reflètent une volonté de rajeunir et diversifier les compétences au sommet de la hiérarchie judiciaire.
Les cours d’appel et les procureurs généraux en première ligne
Les cours d’appel de Cotonou, Abomey et Parakou enregistrent des changements majeurs. À Cotonou, Olushégun Romaric Abdel Salim TIDJANI SERPOS prend les rênes en tant que procureur général, entouré de Samuel NOUTOHOU et Camille Aristide FADE comme substituts. Ces postes sont cruciaux pour la gestion des affaires pénales et la coordination avec les forces de l’ordre. À Abomey, Idossou Vignon Rodrigue SEDONOUGBO devient 4e substitut général, tandis qu’à Parakou, Nadjimou GADO et Sossa Alain David AMOUSSOU sont nommés substituts généraux, renforçant ainsi la couverture judiciaire dans le nord du pays.
Des juridictions spécialisées et locales pour une justice plus accessible
Le gouvernement béninois a également procédé à des nominations dans des tribunaux spécialisés, comme la Cour d’appel de commerce, où Mahulé Lucien ABALLO, Mitondji Tonassou ADOKO et Codjo Raymond GODEMIN deviennent conseillers. La Cour spéciale des affaires foncières, sensible aux enjeux de sécurisation des terres, accueille Tonami Sandrine Muriel MONGBO comme conseiller, ainsi que Rodrigue AGO et Sovidé GAHOU en tant que substituts du procureur spécial. Ces mesures visent à accélérer le traitement des litiges économiques et fonciers, deux domaines souvent sources de tensions sociales.
Un maillage judiciaire renforcé dans les villes secondaires
Les nominations ne se limitent pas aux grandes villes. Des postes sont créés ou pourvus à Abomey-Calavi, Ouidah, Allada, Pobè, Comè, Lokossa, Savalou, Dassa-Zoumè, Aplahoué, Malanville, Djougou, Kandi et Natitingou. Parmi les nouveaux responsables figurent Ahinadjè Gbètoho Arlen DOSSA-AVOCE, président du tribunal d’Abomey-Calavi, et Jaurès Neil Sèna ZINFLOU à Allada. Cette décentralisation judiciaire répond à un double objectif : désengorger les tribunaux des grandes villes et rapprocher la justice des citoyens, notamment dans les zones rurales où l’accès aux services juridiques reste limité.