Le Bénin a franchi une nouvelle étape dans sa politique de rapprochement avec la diaspora en remettant officiellement des attestations de nationalité à trois Afrodescendants. Cette cérémonie, organisée à Ouidah le 23 août 2026, s'inscrit dans le cadre de la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition (JISTNA), marquant une volonté de transformer le devoir de mémoire en un acte juridique concret.
Une dimension citoyenne pour la JISTNA
Pour la première fois, la commémoration de la JISTNA a été le théâtre d'une remise officielle de documents de citoyenneté. Sous le thème « De la Porte du Non-Retour à la Porte du Retour », l'événement a réuni le ministre de la Justice, Yvon Détchénou, et la ministre des Affaires étrangères chargée de l’Intégration des Afrodescendants, Corinne Amori Brunet. Cette initiative souligne l'ambition du gouvernement béninois de faire de la mémoire historique le socle d'un lien renouvelé et institutionnalisé avec les descendants des populations déportées.
La continuité d'une stratégie d'intégration
Cette remise d'attestations s'inscrit dans une dynamique engagée depuis juillet 2025, portée notamment par la plateforme numérique My Afro Origins. Le Bénin multiplie les gestes de reconnaissance envers les Afrodescendants, illustrés par la naturalisation de personnalités comme la chanteuse américaine Ciara en 2025, ou encore la cérémonie de mai 2026 ayant permis à 22 ressortissants d'Haïti, de la Martinique, de la Guadeloupe et d'Europe d'obtenir la nationalité béninoise. Ces actions successives témoignent d'une politique publique structurée visant à faciliter l'ancrage des Afrodescendants sur le sol national.
Diplomatie culturelle et enjeux mémoriels
Au-delà de l'octroi de la nationalité, les autorités béninoises lient cette démarche à une politique plus large de restitution des biens culturels. Le secrétaire général du ministère de la Justice, Franck Afoukou, a rappelé le rôle central de l'action diplomatique dans la récupération du patrimoine national. Le programme de deux jours à Ouidah, incluant des conférences, des ateliers et la marche mémorielle « Nos pas dans ceux de nos aïeux », démontre que le gouvernement cherche à articuler son attractivité diplomatique autour d'un récit national fort, tourné vers la réappropriation historique et l'intégration de la diaspora.