Le gouvernement du Bénin a officiellement réfuté les allégations portées par les autorités nigériennes, qui désignent Porto-Novo comme l'un des soutiens extérieurs à une tentative de déstabilisation survenue fin août à Niamey. Cette mise au point intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les deux voisins, alors que le Niger traverse une période d'instabilité marquée par des mouvements internes au sein de son armée.
La réponse officielle de Porto-Novo
Face aux accusations relayées par la télévision d'État nigérienne, Télé Sahel, le porte-parole du gouvernement béninois, Wilfried Houngbedji, a exprimé l'incompréhension de son pays. Lors d'un point presse tenu le 4 septembre 2026, il a qualifié les propos tenus par un officier nigérien, le capitaine Roger Gabriel, de dénués de crédibilité. Le gouvernement béninois a réitéré son attachement à la stabilité du Niger, soulignant que la position de Porto-Novo demeure constante : le Bénin se déclare opposé à toute forme de déstabilisation de son voisin, invoquant des liens historiques et géographiques étroits entre les populations frontalières.
Un climat de méfiance persistante
Les accusations actuelles font suite à une mutinerie déjouée les 28 et 29 août derniers à Niamey, lors de laquelle la junte au pouvoir, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), a affirmé avoir neutralisé des éléments hostiles avec l'appui de partenaires russes. Ce n'est pas la première fois que le Niger pointe du doigt le Bénin. En mai 2025, les autorités nigériennes avaient déjà accusé Cotonou d'abriter des bases d'entraînement pour des groupes jihadistes, des allégations que le Bénin a systématiquement démenties.
L'horizon d'une normalisation diplomatique
Malgré ces frictions récurrentes, le Bénin continue d'afficher une volonté d'apaisement. Le porte-parole a insisté sur la nécessité d'une coexistence pacifique, espérant que les relations bilatérales finiront par se normaliser. Ce dialogue est d'autant plus crucial qu'un rapprochement avait été amorcé en avril 2026, peu après l'élection du président béninois Romuald Wadagni. À cette période, les deux États avaient entamé des discussions en vue de la réouverture de leur frontière commune, fermée depuis le coup d'État de juillet 2023 qui a renversé le président Mohamed Bazoum. La persistance de ces tensions diplomatiques reste un point de vigilance majeur pour la stabilité régionale.